Aide alimentaire : des familles en sursis

Aide alimentaire : des familles en sursis

" La préoccupation centrale des familles rencontrées semble se porter sur leurs enfants avec selon les trajectoires, des attentes plus ou moins fortes à l’égard de l’école. La volonté de proposer à leurs enfants une alimentation plus riche et diversifiée que celle du ou des parents, débouchant dans les pratiques sur des régimes alimentaires assez distincts au sein de l’unité familiale a été décrite de façon récurrente.

L’alimentation des enfants, plus particulièrement pour les fêtes, constitue un moment paroxystique des angoisses familiales car elles révèlent le poids des contraintes (Qui invite-t-on ? Peut-on rendre une invitation ? Qu’offre-t-on à manger ? Comment faire comprendre en fonction des âges, l’absence ou le rationnement de certains produits ?...).

Au quotidien, le goûter à l’école catalyse aussi nombre de tensions". Ce que montre cette double enquête Abena, réalisée pour l’Institut de veille sanitaire, menée sur les "bénéficiaires" de l’aide alimentaire, ce n’est pas seulement le délabrement des corps.

L’enquête épidémiologique relève que la moitié souffre sous-nutrition, les deux tiers ont une consommation alimentaire qui manque de viande, poisson, fruits et légumes. Résultat : la prévalence de l’obésité est 2 à 3 fois plus importante que la normale, la proportion de personnes anémiées est très élevée.

Ce que montre surtout cette étude c’est les dégâts à l’âme suscités par la situation de dépendance dans lequel vivent ces personnes. " Ces familles apparaissent globalement en sursis, tant ces situations de pauvreté s’avèrent corrosives pour l’estime de soi et la santé".

Rapport : étude épidémiologique

Rapport : aspects socio-anthropologiques

mis en ligne le lundi 10 décembre 2007
par ML



  
BRÈVES

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