Dérogation à la carte scolaire, mode d’emploi

Dérogation à la carte scolaire, mode d’emploi

Le ministre de l’Éducation a précisé hier les critères de dérogation à la carte scolaire et ouvert un site Internet pour que les parents s’y retrouvent

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Les coups de fil des parents sur les modalités de dérogation à la carte scolaire affluent dans certains établissements scolaires et inspections académiques.

Si, dans l’académie de Toulouse, on ne constate « aucun frémissement » en raison de la spécificité plutôt rurale de la région et donc des grandes distances séparant les établissements, à Paris, les lycées Henri-IV ou Victor-Duruy reçoivent, plus encore que d’ordinaire, des parents souhaitant inscrire leur enfant dans ces établissements prestigieux. À Lyon, le phénomène est identique.

Mais, ici ou là, les demandes sont parfois « irréalistes », telle ­cette famille habitant dans le nord-est de Paris (XIXe arrondissement) qui désire inscrire son enfant dans le sud (Ve arrondissement) : « Une heure et demie de transport par jour à 12 ans, est-ce bien raisonnable ? » soupire un inspecteur d’académie. Un petit nombre a même cru que la « carte scolaire était complètement abolie ». « Ce ne sera pas le cas avant deux ou trois ans », explique-t-on au ministère de l’Éducation.

Pour éviter une inflation de demandes, le ministère a donc précisé hier les critères qui permettent aux collégiens et lycéens de déroger à la carte scolaire (www.education.gouv.fr) dès cette rentrée.

Les parents ont jusqu’au 30 juin pour faire une demande auprès de leur inspection d’académie et recevront une réponse au plus tard le 22 juillet.

Grande nouveauté, dans un souci de mixité sociale, les élèves boursiers seront prioritaires pour s’inscrire hors de leur secteur. Jusque-là, ils n’étaient acceptés qu’au mérite (avec une mention au brevet). Les handicapés seront également prioritaires, notamment ceux qui ont besoin de soins lourds à proximité de leur établissement scolaire : « C’est une bonne nouvelle, estime-t-on au rectorat de Toulouse, car certains jeunes handicapés perdaient un temps considérable entre leur établissement et le cabinet médical. »

« Parcours scolaire particulier »

L’aberration qui consiste à scolariser certains enfants à un kilomètre de chez eux alors qu’il existe un col­lège en face de leur domicile va aussi être considérée avec attention. Pour le reste, les critères restent les mêmes : rapprochements de fratries ou facilités pour ceux qui suivent un « parcours scolaire particulier » comme des classes à horaires aménagés en musique ou sport.

Si quelques établissements prestigieux, à Paris notamment, ont annoncé qu’ils pourraient prendre quelques élèves de plus par classe, voire ouvrir une classe supplémentaire, ce n’est pas le cas de la majorité d’entre eux. Pour de simples questions de place. « On ne va pas pousser les murs », précise un proviseur lyonnais. « On augmentera le nombre de dérogations, mais à la marge », précisent certains rectorats.

Le ministère considère cependant que l’on peut aujourd’hui passer de 8 à 10 %, en moyenne, de dérogations à 20 % en septembre. Les « grands lésés » de ces mesures risquent d’être les classes moyennes, premières à réclamer des dérogations, observe Faride Hamana, le président de la FCPE, première fédération de parents d’élèves (gauche) qui prévoit « pas mal de frustration ».

mis en ligne le mardi 5 juin 2007
par ML



  
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