Rentrée 2006 : Ce qui va changer à l’école

La loi Fillon sur l’école de 2005 entre pleinement en application, comme l’illustre la mise en place du socle commun. De même, les réformes des zones d’éducation prioritaire (ZEP) ou de l’apprentissage décidées après la crise des banlieues de l’automne dernier entrent en application. À cela s’ajoutent certaines touches personnelles du ministre de l’éducation, Gilles de Robien, comme l’apprentissage de la lecture. En cette année scolaire qui sera aussi électorale, toutes ces nouveautés vont contribuer à placer l’école au centre de l’attention des Français.

Passage en revue.

-  L’apprentissage junior

Le nouveau parcours de formation en alternance école-entreprise veut offrir une réponse aux 60 000 jeunes qui sortent chaque année du système sans qualification. Dès 14 ans, les jeunes collégiens peuvent s’engager dans un « parcours d’initiation aux métiers » et, à partir de 15 ans, signer un contrat d’apprentissage. Jusqu’à l’âge de 16 ans (plafond de la scolarité obligatoire), le jeune demeure rattaché à son collège, qu’il peut choisir de réintégrer à tout moment : c’est le principe de « réversibilité », qui est censé éviter la création d’une voie de relégation dénoncée à gauche.

Le décret du 30 juin dernier prévoit notamment que les stages de plus de vingt jours en entreprise donnent droit à une rémunération de 20 % du smic. Le gouvernement a dégagé une enveloppe de 20 millions d’euros pour l’ouverture de classes d’apprentis juniors. Objectif : au moins 15 000 jeunes apprentis à la rentrée 2006 et 30 000 en 2007.

-  La réforme des ZEP

Vingt ans après la création des ZEP, tout le monde dénonçait un saupoudrage des aides sur le territoire. Le ministère a décidé de recentrer les efforts sur les établissements les plus difficiles. Ainsi, 249 collèges, dont les élèves concentrent difficultés sociales et scolaires, ont été sélectionnés, dont onze dans l’enseignement catholique (lire page 4). Ces collèges forment, avec les 1 600 écoles de leurs secteurs, 249 réseaux « ambition réussite ».

Pour ces réseaux, 3 000 postes d’assistants pédagogiques et 1 000 d’enseignants ont été créés. Ces professeurs « référents » seront déchargés de cours pour assurer des tâches d’animation d’équipes. Après avoir connu des difficultés de recrutement, le cabinet de Gilles de Robien assure que tous ces enseignants seront en poste à la rentrée, « à quelques dizaines près ». Les collèges « ambition réussite » devront mettre en place un programme de soutien scolaire ou encore ouvrir un local aux parents d’élèves. Par ailleurs, le gouvernement a mis en place un programme pour promouvoir le tutorat de lycéens par des étudiants ou des élèves des grandes écoles. La discrimination positive

Le gouvernement veut promouvoir la « méritocratie ». Il a annoncé la multiplication des bourses « au mérite » pour les meilleurs élèves de classe de troisième qui entrent au lycée. Le nombre de bourses, d’un montant de 800 €, va être porté de 28 000 à 100 000 dès cette rentrée. Les collégiens qui obtiennent une mention très bien au brevet pourront déroger à la carte scolaire et s’inscrire dans le lycée de leur choix.

-  La direction des établissements

Dans tous les collèges et lycées va être mis en place un conseil pédagogique. La mission de ce conseil est de favoriser la concertation entre professeurs et de coordonner l’évaluation des élèves. Il prépare la partie pédagogique du projet d’établissement. Certains syndicats enseignants redoutent toutefois que cette réforme donne trop de pouvoir au chef d’établissement.

Dans le primaire, le ministre de l’éducation a mis fin à une grève administrative des professeurs directeurs d’école qui durait depuis sept ans. Pour les écoles de plus de quatre classes, les directeurs seront détachés une journée par semaine et remplacés par des professeurs stagiaires. Par ailleurs, 30 000 emplois vie scolaire (EVS, dans le cadre des contrats Borloo qui permettent au RMistes d’accéder à l’emploi) ont été embauchés pour des tâches administratives.

-  La lecture

« J’attends des maîtres qu’ils écartent résolument ces méthodes qui saturent la mémoire des élèves... » En janvier dernier, la circulaire de Gilles de Robien sur l’apprentissage de la lecture bannissait de l’école le recours à la méthode globale et imposait des « exercices systématiques » de décodage lettres/sons, graphèmes/phonèmes. Les enseignants qui le souhaitent peuvent recourir à des méthodes dites « syllabiques » (le b.a.-ba). Toutefois, les nouveaux programmes du primaire n’imposent pas une méthode unique (le principe de la « liberté pédagogique » a été réaffirmé dans la loi de 2005), mais décrivent des passages obligés pour la maîtrise de la lecture. Le ministère diffuse par ailleurs dans toutes les écoles un guide, Apprendre à lire.

-  Le socle commun

Le décret du 11 juillet 2006 énonce les connaissances et compétences que tous les élèves doivent avoir acquises à la fin de la scolarité obligatoire. Le ministère a mis en place des groupes de travail qui vont réviser ou toiletter, d’ici à 2008, tous les programmes scolaires. Dès cette année se met en place une nouvelle évaluation des élèves : à la fin du CE1, à l’entrée en sixième et à la fin du collège. En octobre, les écoles vérifieront le niveau de lecture, d’écriture et de calcul des élèves de CE1. Pour les élèves qui ont des lacunes se mettront en place des programmes personnalisés de réussite éducatives (PPRE) ouvrant droit à trois heures de soutien hebdomadaire (idem en sixième).

-  La note de vie scolaire

Dans toutes les classes du collège se met en place une note de vie scolaire. Elle mesure l’assiduité de l’élève, son respect du règlement intérieur. Elle prend également en compte sa participation à la vie de l’établissement, l’obtention de l’attestation de sécurité routière ou des premiers secours. Elle est attribuée chaque trimestre par le chef d’établissement. Cette note sera prise en compte au brevet dès la session 2007 (coefficient 1). Le statut du parent d’élève

Cette mesure est surtout symbolique, car elle ne confère pas de prérogatives nouvelles aux parents. Mais, pour la première fois, un texte unique du code de l’éducation reprend l’ensemble des droits des parents d’élèves. Il y est notamment précisé que, contrairement à ce qui se pratique souvent, les conseils d’école, d’administration ou de classe doivent être réunis en dehors du temps scolaire. Une charte des droits et devoirs des parents sera publiée en octobre.

-  L’orientation

L’option de découverte professionnelle (trois heures hebdomadaires) en troisième avait été mise en place dans un tiers des collèges l’an dernier. À partir de cette rentrée, elle sera proposée dans l’ensemble des collèges. Par ailleurs, un délégué interministériel à l’orientation, l’universitaire Pierre Lunel, a été nommé par le premier ministre pour mettre en place un nouveau service public de l’orientation. La formation des maîtres

Ce sera le prochain dossier sensible de Gilles de Robien. Le Haut Conseil de l’école doit rendre public dans les semaines qui viennent un avis sur la formation dans les IUFM qui, à partir de janvier prochain, seront rattachés aux universités.

Bernard GORCE LA CROIX

mis en ligne le mardi 29 août 2006
par ML



  
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