Écoles recherchent directeurs... désespérément

La rentrée pourrait cette année encore se faire avec une absence importante de responsables d’école, surtout à la campagne.

Du temps et plus d’argent. Le constat ne date pas d’hier : pour accepter des postes de directeurs, les professeurs d’école demandent à être mieux rémunérés et plus systématiquement déchargés d’enseignement. Au printemps, Gilles de Robien avait proposé plusieurs mesures pour sortir enfin de ce casse-tête. À une semaine de la rentrée, l’affaire ne semble pourtant pas franchement réglée.

Certains directeurs d’école pourraient même poursuivre la grève administrative qu’ils ont entamée il y a... sept ans ! « Comme l’année dernière, il pourrait y avoir près de 3 650 écoles sans directeurs le jour de la rentrée », déplore Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU. Au ministère, on se montre à l’inverse beaucoup plus serein. « Nous croyons que les choses vont s’améliorer grâce aux mesures que nous avons arrêtées et nous attendons le jour de la rentrée pour faire une analyse chiffrée de la situation », confie un porte-parole. Mais Luc Berille, secrétaire général du SE-UNSA, dont le syndicat a pourtant signé le protocole d’accord avec le ministre en avril, est plus prudent. « Les mouvements de personnels sont lents. Les problèmes pourraient se poursuivre quelque temps, surtout dans les petites structures en milieu rural », observe-t-il.

Des journées trop longues

Pas de panique malgré tout pour les parents, qui auront toujours un interlocuteur. L’administration, qui a horreur du vide, désigne systématiquement un professeur d’école dont la mission est de « faire fonction » de directeur. « Ce qui est un peu aberrant, c’est qu’il s’agit parfois d’un stagiaire qui sort de l’IUFM et qui n’a pas les moyens de refuser », relève Marc Frigout, directeur d’une école à Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne).

Passionné par son métier, directeur depuis 23 ans, il comprend pourtant que la profession soit de plus en plus boudée. « Un directeur, explique-t-il, est présent dès 8 heures pour accueillir les enfants. Il côtoie les parents, les élus, les responsables d’association, l’Inspection d’académie. Il s’occupe de la cantine et de la garderie du soir, et s’il est à la campagne, dans une petite école, il est aussi toute la journée devant sa classe. Les décharges d’enseignement sont insuffisantes. » De longues journées et de grosses responsabilités. « C’est pourquoi, analyse-t-il, même si les indemnités proposées ont été revalorisées, elles ne sont toujours pas suffisamment attractives. »

Pour exercer sa fonction, le directeur d’une école de deux à quatre classes, perçoit environ 160 euros de plus qu’un professeur d’école, celui qui gère une école de six classes perçoit lui, un peu plus de 260 euros chaque mois. Pour peu qu’il vive en milieu urbain et prenne en charge la gestion de la cantine et des garderies, il reçoit une rallonge de 150 à 200 euros chaque mois versée par les mairies. « C’est grâce à ces sommes que les villes sont mieux loties que les campagnes », analyse Marc Frigout.

Afin de soulager les directeurs, Gilles de Robien les a déchargés d’une journée de cours par semaine et s’est engagé à créer 50 000 emplois (un par école), destinés en priorité à des personnes titulaires de revenus d’insertion. Une mesure critiquée par le SNUipp-FSU, pour qui ces emplois sont « précaires » et donc pas de nature à « résoudre les problèmes des directeurs d’écoles ».

mis en ligne le samedi 26 août 2006
par ML



  
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