Semaine de 4 jours et rentrée anticipée s’installent malgré des réserves

Semaine de 4 jours et rentrée anticipée s’installent malgré des réserves

Un quart des écoliers vont reprendre le chemin de l’école avant la date officielle du 4 septembre, une école de Haute-Saône ayant même déjà repris lundi, selon un système de rentrée anticipée qui existe depuis quinze ans mais suscite toujours des réserves.

Depuis 1995, l’école du village de Mailley-et-Chazelot en Haute-Saône inaugure ainsi chaque année et sous l’oeil des caméras la rentrée scolaire quinze jours avant la rentrée officielle.

Et comme de nombreuses autres écoles qui pratiquent les "semaines aménagées", elle finira son année une semaine plus tard en juillet.

"La rentrée anticipée existe depuis 1991" explique le ministère de l’Education nationale. Elle concerne surtout les écoles qui pratiquent la semaine de quatre jours ou les "semaines aménagées" (alternance semaine de quatre jours et semaine de quatre jours et demi avec un mercredi ou un samedi matin travaillé).

Pour cette rentrée 2006, les retours anticipés en classe vont se répartir -- outre l’école en Haute-Saône -- entre le 24 août (dans 10 départements), le 25 août (4 départements), le 28 août (39 départements), 29 août (18 départements) et quasiment tous les jours jusqu’au 4 septembre.

"Le nombre d’écoles qui a choisi ce système est stable depuis plusieurs années", souligne pour l’AFP Gilles Moindrot, secrétaire général du premier syndicat du primaire, le SNUipp-FSU.

Ce syndicat, comme certains parents d’élèves ou psychologues scolaires, ont souvent émis des réserves sur ce rythme scolaire novateur. Celui-ci engendrerait des inégalités entre les familles socialement aisées et les autres qui n’ont pas les moyens d’utiliser le temps libre laissé par la semaine de quatre jours.

"Des études faites à Lyon ont montré par exemple que dans les ZEP (zones d’éducation prioritaire), ces semaines aménagées sont à éviter", relève Gilles Moindrot.

Une analyse relayée par Agnès Florin, professeur de psychologie de l’enfant et de l’éducation à Nantes : "D’après mon expérience, le bénéfice de la semaine de quatre jours est très lié à l’activité des familles selon l’usage qu’elles font du temps libre dégagé".

Par ailleurs, ajoute-t-elle, "quand on veut faire tenir en quatre jours un programme de connaissances prévu sur cinq jours, cela ne peut que fragiliser les élèves en difficulté".

La première fédération de parent d’élèves, la FCPE, s’est de son côté toujours prononcée contre.

"On est contre depuis le début car en pratique les familles ne respectent pas l’allongement de durée scolaire, elles partent en vacances en même temps que les autres ce qui entraîne un fort absentéisme", analyse Faride Hamama président de la FCPE.

Il déplore aussi que le découpage de la semaine de quatre jours se fasse en fonction du catéchisme habituellement enseigné le mercredi : "si une école veut demander une dérogation pour reprendre les cours le mercredi, elle doit consulter l’évêché !", déplore M. Hamama.

D’autres spécialistes du milieu éducatif se montrent en revanche "ni pour ni contre" les semaines aménagées.

"On a fait des assemblées de travail pour étudier la question, il y a autant de pour que de contre. Il semble que ceux qui en bénéficient soient satisfaits. Le tout est de le décider en concertation en conseil d’école", pense Anne Kerkhove, présidente des Parents d’élèves de l’enseignement public (Peep).

mis en ligne le mardi 22 août 2006
par ML



  
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