Les espaces de rencontre pour familles en difficulté perdent des financements

Créés à titre expérimental dans les années 1980, les "points neutres", des espaces de rencontre pour les familles en rupture et les parents divorcés dont le droit de visite nécessite des mesures d’accompagnement, sont aujourd’hui menacés, faute de financement.

Généralisées sur l’ensemble du territoire, ces associations - 136 en France - interviennent à 95 % sur mandat judiciaire, désignées par les juges des affaires familiales pour garantir le maintien de la relation parent-enfant, favoriser la reprise de contact et rendre effectif le droit de visite d’un parent en cas de séparation difficile.

Jusqu’en 2005, les points neutres bénéficiaient de subventions du ministère de la justice (10 % de leur budget), des collectivités territoriales, de la caisse d’allocations familiales et de la participation des familles. Pour les plus modestes, une prise en charge était possible au titre de l’aide juridictionnelle. Mais, par une circulaire du 30 novembre 2005, la chancellerie a exclu toute possibilité de financement par le biais de l’aide juridictionnelle.

A Lyon, l’association Colin Maillard accueille depuis quinze ans environ 500 familles par an. Pour elle, l’aide juridictionnelle représentait 100 000 euros, soit la moitié de son budget annuel. La directrice, Marie-Eve Richardier, a écrit aux familles pour leur indiquer qu’elle ne pouvait plus assurer la mise en place du droit de visite.

A Marseille, Clermont-Ferrand, Valence, des associations ont déjà fermé. A Lyon, le président de la Chambre des affaires familiales, François Berger, ainsi que des parlementaires du Rhône, ont alerté le garde des sceaux, Pascal Clément. Celui-ci leur a indiqué que les associations devaient chercher des financements auprès des collectivités. "Nous sommes devenus des mendiants, alors que c’est au ministère d’organiser la répartition des crédits, s’insurge M. Berger. Désormais les décisions de justice ne peuvent plus être exécutées. Il y a rupture d’égalité des citoyens entre ceux qui peuvent payer et voir leurs enfants et ceux qui ne peuvent pas et sont privés de leur droit de visite."

Le sénateur et maire (PS) Gérard Collomb, qui a accepté d’accorder une subvention exceptionnelle à ces associations, s’apprête à déposer une proposition de loi visant à donner une existence juridique à ces lieux de rencontre et à définir leurs missions et leur financement.

Sophie Landrin Article paru dans l’édition du 27.06.06

mis en ligne le lundi 26 juin 2006
par ML



  
BRÈVES

Free counter and web stats