Condamnée pour absentéisme, l’Education nationale se défend

Condamnée pour absentéisme, l’Education nationale se défend

près la condamnation de l’Etat français en raison des absences répétées d’un professeur de philosophie de Clermont-Ferrand, le ministère de l’éducation s’est défendu, samedi 17 juin, en estimant que l’affaire ne se reproduirait plus. "Cette affaire montre un vrai problème que nous ne nions pas. Le cas ne devrait plus se reproduire, car le ministre a fait modifier le règlement (...) pour permettre des remplacements en cas d’absence inférieure à 15 jours", a-t-on expliqué dans l’entourage du ministre de l’éducation, l’UDF Gilles de Robien.

Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) a donné raison, vendredi, à Jérome Charasse, neveu de Michel Charasse, ex-ministre de François Mitterrand, et condamné l’Etat pour manquement à son obligation légale d’enseignement.

Le jeune homme se plaignait d’une note de 6 sur 20 obtenue en 2003 à l’épreuve du baccalauréat, note qu’il imputait aux absences non remplacées d’un enseignant en philosophie. L’ancien lycéen raconte, dans le journal Le Parisien de samedi, être tombé à son grand dam, au baccalauréat, sur un texte de l’Allemand Arthur Schopenhauer. "C’est à peine si je connaissais son nom", a-t-il dit.

L’adolescent avait pourtant décroché son Bac avec mention "très bien" grâce aux excellentes notes obtenues dans toutes les autres matières mais s’était vu refuser l’accès de la faculté de sciences politiques en raison de sa note en philosophie.

UNE ABSENCE "CONSTITUTIVE D’UNE FAUTE"

"Le tribunal a considéré que l’absence d’un professeur non remplacée était constitutive d’une faute. Je suis étonné que le service public montre de telles failles, je suis surpris qu’on s’étonne d’une décision (de justice) tellement évidente", a déclaré l’avocat du requérant, Me Gilles-Jean Portejoie.

Le montant de l’indemnité devrait être rendu public lundi, en même temps que le texte du jugement. Le ministère de l’éducation n’exclut pas de faire appel devant le Conseil d’Etat, sous réserve d’un examen des attendus du jugement, a dit l’entourage de Gilles de Robien.

Le problème de l’absentésme des enseignants, sujet tabou dans l’éducation nationale, est un motif de polémique récurrent. Il avait largement fondé, en 1998, la fronde des enseignants contre Claude Allègre, ministre de l’éducation de Lionel Jospin de 1997 à 2000.

Depuis la dernière rentrée, les absences de moins de 15 jours peuvent désormais être remplacées par des interventions d’autres enseignants du même établissement, assure-t-on au cabinet de Gilles de Robien.

Avec AFP

mis en ligne le mardi 20 juin 2006
par ML



  
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