Les progammes seront modifiés pour bannir la méthode globale

Les progammes seront modifiés pour bannir la méthode globale

Le ministre de l’éducation nationale, Gilles de Robien, qui clôturait un séminaire sur l’apprentissage de la lecture, jeudi 9 mars, a fait le point sur la circulaire "apprendre à lire", qui doit permettre de bannir des salles de classe toute méthode globale ou assimilée.

"L’enseignement systématique et précoce du déchiffrage est la méthode la plus efficace pour apprendre à lire à un enfant, a-t-il déclaré devant les cadres de l’éducation nationale et les directeurs d’instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). Cela implique d’écarter résolument la mémorisation globale précoce de mots entiers, qui ne sont pas lus mais devinés."

Estimant qu’il demeurait une ambiguïté sur le choix des méthodes dans les programmes 2002 du primaire, il a annoncé qu’il allait les modifier. Le conseil supérieur de l’éducation sera consulté en ce sens, mardi 14 mars. Les programmes soulignaient que les méthodes globales "présentaient plus d’inconvénients que davantage" mais laissaient à chaque maître "une totale liberté de choix" de la méthode, commente-t-on au ministère, pour expliquer ces modifications.

Le matin, les responsables des principaux syndicats d’enseignants (SNUipp-FSU, SE-UNSA, SGEN-CFDT), de mouvements pédagogiques, de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) et des universitaires ont tenu une conférence de presse commune pour dénoncer "les dégâts" suscités par la polémique sur la lecture qui jette "trouble et défiance vis-à-vis de l’école". "Le ministre joue sur du velours, utilisant les angoisses des familles pour manipuler l’opinion", a estimé Jean-Luc Villeneuve, secrétaire général du SGEN-CFDT.

"AMATEURISME"

Les syndicats ont dénoncé "le double discours" du ministre sur l’apprentissage de la lecture, l’un simpliste à destination des médias et des parents, l’autre, qui s’est infléchi, depuis janvier, à destination des chercheurs, des enseignants et des formateurs.

Philippe Joutard, ancien recteur responsable de la commission qui a inspiré les programmes de 2002, a dénoncé "l’amateurisme" du ministre en rappelant "le travail considérable et la concertation" qui avait abouti aux nouveaux programmes du primaire.

Les syndicats réclament l’organisation d’une évaluation scientifique du travail effectué dans les classes pour l’apprentissage de la lecture, et une suspension de toute modification des programmes dans l’attente des résultats.


Le Monde du 11 lmars 2006

mis en ligne le vendredi 10 mars 2006
par ML



  
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