Hauts-de-Seine : la pédagogie du père fouettard

Communiqué de presse

Paris, le 24 février 2006

Hauts-de-Seine : la pédagogie du père fouettard

Le ministre de l’Intérieur en rêvait depuis 2004, le président du Conseil général des Hauts-de-Seine l’a fait en 2006 ! Celui-ci vient de décider la mise en place d’un protocole départemental « visant à renforcer la sécurité au sein des collèges » pour expérimenter la mise à disposition des collèges d’un policier référent qui pourra intervenir dans l’établissement à la demande du principal.

En fait, le président du Conseil Général a fait de son département un laboratoire dans lequel le ministre de l’Intérieur élabore des dispositifs qu’il compte bien étendre à l’ensemble du territoire...

-  Les Hauts-de-Seine connaissent-elles une hausse alarmante de la délinquance au sein des collèges ?
-  S’est-on assuré d’abord que les collèges y disposent de personnels éducatifs en nombre suffisant pour pallier des difficultés ordinaires avant de faire appel à des mesures aussi extraordinaires ?
-  L’Education nationale supprime des postes de surveillants et de conseillers principaux d’éducation : le policier référent sera-t-il le nouveau « pion » du système éducatif ?
-  Quel message est, une fois de plus, adressé aux jeunes ?

Sont-ils des délinquants en puissance que la police doit surveiller jusque dans l’Ecole parce que ceux qui sont chargés de les y encadrer ne sont pas à la hauteur ?

Quelle crédibilité accorder désormais à l’autorité du chef d’établissement et de l’équipe éducative, dès lors que tout incident sera susceptible d’être renvoyé à l’intervention du policier référent ? Et quid du dialogue avec la famille ?

De qui, du policier ou de l’infirmière, de l’assistante sociale, de l’adulte tuteur, les adolescents recherchent-ils l’écoute et la compréhension, lorsqu’ils veulent qu’on les aide à exprimer et dissiper leur mal-être ? Le ministre a-t-il donné de la police une image telle que le policier puisse être l’adulte auquel le jeune ira naturellement se confier ?

Est-il bien raisonnable d’enseigner aux élèves le « vivre ensemble » dans un établissement où le dialogue, la médiation, seront court-circuités par un policier en uniforme pouvant intervenir « pour faire cesser tout trouble ou différend » ?

La violence n’est pas tolérable. L’établissement scolaire ne peut à lui seul éradiquer toutes ses causes mais il peut jouer tout son rôle en mobilisant toute l’équipe éducative. La quasi-totalité des manifestations de violence à l’Ecole auront disparu quand chaque élève aura le sentiment d’y être accueilli pour réussir.

Le reste n’est qu’agitation et démagogie.

La FCPE combat la résignation et la démission éducatives

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Contact presse : Laurence Guillermou, tel 01 43 57 16 16

mis en ligne le vendredi 24 février 2006
par ML



  
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