Le ministre doit passer aux actes

Edito de La Famille et l’Ecole n° 306 du 28 octobre 2005

Le respect du droit à l’école : le sujet n’est pas nouveau mais le problème, loin de disparaître, ne cesse de rebondir.

L’application de la réglementation en vigueur, quoi de plus naturel ? Nul n’étant censé ignorer la loi, il apparaît évident qu’au sein des établissements solaires, lieux d’éducation et de formation des futurs citoyens, cela devrait aller de soi. Et pourtant, il nous faut constater, cette année encore, que les difficultés persistent. Dans trop d’écoles, de collèges, de lycées, le quotidien des militants est empoisonné par la nécessité de se battre à seule fin de mise en œuvre des textes officiels.

Illustration éclairante : les récentes élections des délégués parents. Information des deux parents, impression des bulletins de vote, tenue d’un bureau de vote... les exemples sont multiples de la désinvolture avec laquelle cette consultation électorale est organisée, faisant fi, dans certains cas, de la plus élémentaire mise en conformité avec la réglementation.

Le ministère, assurant un " service minimum " en matière de campagne de sensibilisation, porte sa part de responsabilité. Depuis quelques jours ce sont les voyages scolaires qui deviennent objet de polémique. Qu’un Recteur ou autre responsable rappelle les dispositions légales en ce qui concerne les frais des accompagnateurs, et on a le sentiment que beaucoup découvrent une situation pourtant ancienne. Oser rappeler que ce n’est pas aux familles de supporter ces dépenses mais à l’établissement aboutit même à voir la FCPE mise en accusation et présentée comme responsable de la suppression de ces voyages. Nombre d’autres exemples pourraient être cités. Mais plus qu’une longue litanie, il semble préférable de s’interroger sur le pourquoi. Les causes sont multiples : de la mauvaise volonté liée au rejet ou à la peur des parents, à la simple et déplorable méconnaissance des textes.

Alors que faire ? Sans nul doute est-il indispensable qu’une véritable formation des enseignants et des cadres de l’Education nationale comporte un volet sur la relation avec les parents et le droit des associations. A cet égard, nous pouvons en être des acteurs pertinents.

Mais cela ne suffira pas si la hiérarchie ne joue pas pleinement son rôle. Sans vouloir de chasse aux sorcières, il est plus que nécessaire que cette dernière réagisse face aux manquements et assume sa fonction de contrôle et d’accompagnement. C’est aussi au ministre de tenir ses engagements. Puisqu’il a annoncé sa volonté de permettre aux parents de jouer pleinement leur rôle, il est temps de passer aux actes.

Notre exigence de coéducation et d’un statut délégué parent doit nous mobiliser à tous les niveaux de la fédération afin qu’aboutisse cette légitime revendication.

Georges Dupon-Lahitte, président

mis en ligne le dimanche 6 novembre 2005
par ML

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