Remplacement des profs : un démarrage au ralenti

Obligatoire depuis octobre, le dispositif continue de susciter de fortes réticences chez les enseignants.

Marie-Estelle Pech LE FIGARO[07 octobre 2005]

LES PROTOCOLES de remplacement des professeurs absents moins de quinze jours tardent à se mettre en place dans les établissements scolaires. Et à l’approche des élections professionnelles en décembre, le Snes commence à faire monter la pression. Le principal syndicat des enseignants du second degré annonce une journée de manifestation antiremplacement la semaine prochaine. Quarante-cinq mille enseignants auraient apposé leur signature au bas d’une pétition appelant à boycotter cette mesure, selon Bernard Boisseau, le secrétaire général du Snes.

Pourtant, nombre de profs ne sont pas forcément hostiles à l’idée d’effectuer des heures supplémentaires, mieux payées. « Dans les établissements, reconnaît Geneviève Pouchin, du Snes, enseignante de mathématiques en Seine-et-Marne, un certain nombre ne sont pas mécontents de gagner un peu plus d’argent pour rembourser les emprunts de leurs maisons. »

La question était pourtant au coeur de la manifestation de mardi, « plus que le projet de budget 2006, note Patrick Gonthier, secrétaire général d’Unsa-Education. Il s’agit du principal sujet de conversation dans les salles de profs ».

Actuellement, plusieurs dizaines d’établissements ont commencé à mettre en place des protocoles. Mais les chefs d’établissement ont souvent l’impression d’être pris entre le marteau et l’enclume : « L’institution se décharge beaucoup sur nous », déplore Philippe Guittet, secrétaire général du syndicat national des chefs d’établissement (SNPDEN).

Le refus d’assurer un remplacement de courte durée sera-t-il considéré comme un service non fait qui pourrait engendrer des retenues sur salaires ?, s’interroge le syndicat. Le sujet aurait été évoqué dans l’entourage de Gilles de Robien. Le ministère dément et assure qu’il n’en est « absolument pas question ».

Enseignants mobilisables

La situation reste disparate. Nombre d’établissements tentent de mettre en place la formule, d’autres n’ont pas même évoqué le sujet, certains continuent à procéder à des remplacements de gré à gré comme auparavant. Pourtant, le nouveau dispositif devait se mettre en place au cours de l’année scolaire 2005-2006, pour une application « au plus tard début octobre », selon une note de service du ministère. Là où le dialogue est instauré, chacun s’organise.

Au collège Jules-Ferry de Marseille par exemple, seules les absences prévues (formations, interventions médicales...) sont prises en compte, les enseignants choisiront les demi-journées où ils seront éventuellement mobilisables et ceux qui font déjà beaucoup d’heures supplémentaires ne seront pas concernés. Au collège La Pléiade de Sevran (Seine-Saint-Denis), on envisage de donner la priorité aux disciplines les plus importantes et aux niveaux de troisième et de sixième. Les cours non assurés sont affichés à l’avance et les profs volontaires s’inscrivent.

Enfin, dans certaines académies qui disposent d’un potentiel important de titulaires sur zone de remplacement (TZR), les chefs d’établissement ont pour consigne de faire appel prioritairement à ces derniers. Surtout dans les disciplines où ces enseignants sont parfois inemployés : philosophie, lettres modernes, allemand, anglais, espagnol, sport.

mis en ligne le dimanche 9 octobre 2005
par ML



  
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