Internet sous contrôle gouvernemental ?

"Je veux que les risques pour un enfant de tomber sur des contenus choquants soient très fortement réduits. Des outils existent : il s’agit de logiciels de filtrage ou de contrôle parental. Ils ne sont pas parfaits. Mais c’est un premier pas pour éviter les mauvaises rencontres... Je souhaite renforcer l’obligation qui pèse sur les fournisseurs d’accès afin que ces logiciels soient disponibles automatiquement et pour tous".

A l’occasion de la "Conférence de la famille", le 22 septembre, le premier ministre a annoncé deux décisions concernant Internet. D’abord son intention d’imposer l’utilisation de logiciels de filtrage aux fournisseurs d’accès.

D’autre part, l’instauration d’un label " qualité famille " " attribué aux outils, services et sites qui répondent à un cahier des charges strict. Il permettra aux parents, face à la diversité des produits et des informations disponibles sur l’Internet, de connaître ceux et celles présentant toute les garanties quant à la protection de leur enfant". C’est le Forum des droits sur l’Internet qui serait chargé d’établir le cahier des charges du label Famille.

Pour l’association IRIS (Imaginons un réseau Internet Solidaire), "l’objectif de protection des mineurs est légitime.

Toutefois, dans le domaine de l’information et de la communication, tout filtrage mis en place à cet effet ne peut et ne doit relever que de la responsabilité des parents ou des éducateurs en charge des mineurs.

Or la disposition envisagée reviendrait à exercer un filtrage obligatoire, automatique et par défaut, mis en oeuvre au niveau des serveurs des fournisseurs d’accès à Internet, et non plus un filtrage volontaire mis en place sur la machine de l’utilisateur final qui le souhaite".

Iris a également rappelé la différence entre contenu illégal et contenu "offensant", une appréciation qui dépend de la personne qui la porte. La même remarque porte sur les logiciels de filtrage : quels seraient les critères du filtrage ? Par qui seraient-ils définis ? Pour IRIS, " que deviendrait alors la nécessaire protection du droit à l’information et de la liberté d’expression et de création ? Enfin, comment de telles restrictions à ces libertés constitutionnelles pourraient-elles être définies par simple décret en Conseil d’État ?"

Le Café a déjà souligné les limites des systèmes de filtrage qui, par exemple, ne peuvent empêcher "les mauvaises rencontres" et constituent des remèdes illusoires devant les risques réels du réseau (rencontres, propagande commerciale etc.). Ils ne peuvent se substituer à une véritable éducation à Internet et à ses risques qui devient aujourd’hui absolument nécessaire. Qui d’autre peut prétendre la faire que l’Ecole ? On ne peut que s’inquiéter de voir promus une labellisation et un filtrage étatiques d’Internet qui n’existent aujourd’hui que dans des régimes dictatoriaux. Faut-il croire, comme l’affirme IRIS que "l’ordre moral s’enhardit" ?

Communiqué IRIS

mis en ligne le lundi 26 septembre 2005
par ML



  
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