Appel pour la protection de l’enfance

A l’initiative de Claude Roméo, Directeur de l’Enfance et de la Famille de Seine-Saint-Denis, et Jean-Pierre Rosenczveig, Président du tribunal pour enfants de Bobigny, un appel est lancé pour un renouveau de la protection de l’enfance.

Il demande un débat public qui permette de la refonder, d’identifier les responsabilités des différents acteurs, de s’interroger sur leur coordination.

L’appel est signé par des politiques de différentes tendances, des responsables d’associations (DEI France, OCCE, CEMEA, section française de l’Unicef, FCPE, FNEPE etc.), la Défenseure des enfants, des spécialistes (Marcel Rufo etc.).

Lire le texte de la pétition :


ENGAGEONS UN DEBAT NATIONAL SUR LA PROTECTION DE L’ENFANCE

450 000 enfants et jeunes de 0 à 21 ans ont bénéficié, en 2004, d’une mesure de protection de l’enfance. Cet accompagnement va leur permettre, pour la plupart de s’inscrire dans un projet de vie. Pourtant, les citoyens de ce pays ne connaissent de ce dispositif que les " affaires " médiatisées d’Outreau, de Drancy, de Strasbourg, d’Angers... et leur cortège d’interrogations :
-  Comment se fait-il que personne n’ait rien remarqué ?
-  Pourquoi les liens entre les différents intervenants fonctionnent-ils mal ?
-  Comment éviter que ces drames se reproduisent ?

Les professionnels impliqués dans la protection de l’enfance sont les premiers à souhaiter des évolutions. Les derniers rapports officiels, ceux de Pierre Naves, Bruno Cathala, Claude Roméo, Jean-Pierre Deschamps, les enquêtes de l’IGAS, le rapport 2004 de la Défenseure des enfants ont avancé des pistes de travail et des améliorations possibles.

Or, après leur publication, les propositions tardent à entrer dans la réalité ou restent confinées à un débat de spécialistes. Il est temps de cesser de vouloir répondre à telle ou telle affaire par de nouveaux rapports ou par des mesures législatives partielles qui ajoutent à la complexité du dispositif !

Aujourd’hui, un débat public national s’impose qui doit permettre :

-  de rendre compte à chaque citoyen de la réalité du travail développé par les services sociaux pour une dépense de 5 milliards d’euros par an ;
-  d’identifier les responsabilités respectives de chaque acteur du dispositif de protection de l’enfance : Etat, collectivités Territoriales, associations impliquées dans la protection de l’Enfance, et professionnels ;
-  de s’interroger sur les outils et les démarches nécessaires à la concertation et à la coordination des intervenants ;
-  d’évaluer les grandes orientations de ce dispositif et de questionner à nouveau régulièrement leur pertinence au niveau national et local.

Nous devons ce travail aux enfants et à leur famille en cohérence avec les traités internationaux ratifiés par la France et notamment la Convention internationale des droits de l’enfant.

Nous sollicitons les plus hautes autorités de l’Etat pour l’organisation d’une table ronde réunissant les principaux acteurs de la protection de l’enfance afin de définir les conditions de la mise en place d’un débat public national.

Nous en appelons à l’élaboration d’une loi d’orientation qui traduise une vision d’ensemble et permette la refonte d’un système dont chacun s’accorde à regretter les cloisonnements.

Les enfants et les adolescents méritent que chacun dépasse les clivages institutionnels et idéologiques dont ils n’ont pas à souffrir.

mis en ligne le lundi 12 septembre 2005
par ML



  
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