Remplacement des profs, langues, soutien... la loi Fillon à la rentrée

Honnie par les lycéens, critiquée par les enseignants, rejetée en bloc par la communauté éducative, la loi d’orientation sur l’Ecole, défendue par François Fillon et reprise à son compte par Gilles de Robien, fera son premier galop d’essai dès cette rentrée.

Une vingtaine de décrets au total, publiés d’ici le 2 septembre, actent les dispositions sur les langues vivantes, le soutien, les bourses au mérite ou encore la création d’un Haut conseil de l’Education.

La première préoccupation affichée du ministre comme des syndicats reste néanmoins la nouvelle organisation du remplacement des enseignants absents moins de 15 jours.

Pour ne pas désavouer son prédécesseur et satisfaire aux pressions de sa majorité, M. de Robien, qui s’était présenté comme l’homme du dialogue après l’agitation des précédents mois à son arrivée rue de Grenelle, n’a pas retardé l’obligation désormais faite aux enseignants de se remplacer entre eux, au sein d’un même établissement, quelle que soit leur discipline.

Il a cependant tenté d’apaiser les esprits en l’assortissant d’une période de quatre mois - jusqu’au 1er janvier 2006 - basée sur le volontariat. Mais c’est sans compter avec l’ire des chefs d’établissement, inquiets au final de décider seuls quel enseignant sera contraint de remplacer un collègue.

L’enseignement des langues, très présent dans le discours officiel, sera également remanié à partir de cette rentrée et jusqu’en 2007. Les élèves pourront être répartis en groupes de niveaux, sans référence à leur classe ou leur âge et leurs compétences désormais évaluées en fonction d’un cadre européen. Ils devront attendre cependant, selon les établissements, pour apprendre une première langue en CE1 et une deuxième en 5e. La généralisation de cet apprentissage précoce sera en principe effective en 2007.

Quant aux élèves de terminale, à défaut des Travaux personnels encadrés, dont ils ont réclamé tout l’hiver le rétablissement à hauts cris, ils profiteront de cours de langues en groupes ramenés à une vingtaine d’élèves, avant un dédoublement complet des classes l’an prochain.

Les mesures concernant le soutien dispensé à l’école - dans ou hors du temps scolaire - commenceront également à voir le jour dès cette rentrée.

Déjà possible dans certains établissements, ce soutien, un autre cheval de bataille de François Fillon repris par son successeur au nom de "l’égalité des chances", ne sera formalisé qu’à la rentrée 2006 en plans personnalisés de réussite éducative (PPRE, trois heures de soutien hebdomadaire par matière en groupes de huit).

Faute de moyens en effet, le ministre a dû revoir ses ambitions à la baisse pour cette rentrée, se limitant à "une expérimentation, là où c’est possible".

Quoi qu’il en soit, ce PPRE s’articule sur les matières du socle de connaissances et de compétences à maîtriser en fin de 3e, mesure phare de la loi Fillon.

Probablement le plus grand chantier de l’année pour l’Education nationale, celui-ci doit être défini par le nouveau Haut conseil de l’Education d’ici la rentrée 2006 et tranché par le ministre.

Lire, écrire, compter, pratiquer une langue, utiliser un ordinateur : quatre piliers du socle posent peu de problèmes. Le contenu de la "culture humaniste et scientifique" sera cependant plus épineux et supposera de ménager les susceptibilités entre les disciplines : quelles sciences ? Que fait-on du sport ? Des Arts ?

mis en ligne le samedi 27 août 2005
par ML



  
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