Les parents d’élèves dénoncent les incohérences du calendrier scolaire

Justine Ducharne [27 juin 2005]

Mauvaise pioche. Cette année, conformément au calendrier triennal arrêté par le ministre de l’Éducation nationale, la rentrée des classes aura bien lieu le 2 septembre, soit un vendredi. Une date inédite en France depuis plus de vingt ans. Dénonçant qui sa maladresse, qui son manque de pratique ou de logique, qui son illisibilité, parents et directeurs d’école n’ont pas manqué de protester contre ce calendrier.

« C’est la démonstration par l’absurde que, malgré nos demandes réitérées, l’administration ne tient absolument pas compte de l’aménagement des rythmes scolaires de l’enfant, dénonce Georges Dupont-Lahitte, père de deux lycéens et président de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques). Dans les internats, ça tourne carrément au ridicule : qui a envie d’envoyer son enfant à l’autre bout de la France pour une journée ? »

Au ministère, contraint de jongler entre les 36 semaines de temps scolaire obligatoires, les jours fériés, le rallongement des vacances de la Toussaint et la rentrée des enseignants, on juge l’exercice « très difficile ». « Nous avons beaucoup de mal à boucler le calendrier et on ne peut se permettre de perdre ne serait-ce que deux jours de classe, précise Dominique Raynaud, chef du bureau à la Direction de l’enseignement scolaire. En 2006, la fin des classes est prévue pour le 4 juillet. Nous savons déjà que cette date fera râler, mais il nous est impossible de faire autrement. »

L’élaboration du calendrier scolaire, « soumise à des contraintes techniques et à d’inconciliables intérêts » précisent les textes, doit cependant prendre en compte un certain nombre de principes établis en concertation avec les associations familiales, le secrétariat d’État chargé du Tourisme et la Sécurité routière. Au nombre de ces principes figure notamment celui d’avoir « des semaines civiles complètes » et de « faire commencer les congés en fin de semaine et prévoir la reprise des cours en début de semaine ». Mais un tas de petits arrangements existent. Concernant les vacances d’été, il est dit que « les mois de juillet et d’août sont entièrement vaqués ». Or, environ trois petits Français sur dix ne quitteront les bancs de l’école que le 8 juillet et les retrouveront dès le 25 août. C’est notamment le cas dans les écoles ayant adopté la semaine de quatre jours, ou de Paris, où les élèves ne travaillant qu’un samedi sur deux, il faut rattraper ces heures « libérées ». Autre exemple, le calendrier scolaire national peut également faire l’objet d’une adaptation au plan local. Certaines équipes éducatives ont déjà pris les devants face à un risque d’absentéisme, en faisant remplir un questionnaire aux parents pour demander si leur enfant serait bien présent le jour J. L’absentéisme ne devrait cependant concerner qu’une poignée de récalcitrants, d’autant plus que 25% des écoles sont déjà dans un système dérogatoire.

mis en ligne le lundi 27 juin 2005
par ML



  
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