Langues et soutien : les mesures de la loi Fillon rescapées pour la rentrée

Langues vivantes, dispositifs d’aide aux élèves en difficulté, facilités pour les handicapés : pour sa première rentrée scolaire, Gilles de Robien devrait sauver plusieurs mesures de la loi Fillon, pourtant tant décriée.

Plusieurs syndicats d’enseignants ont annoncé mercredi à l’AFP que le ministre de l’Education nationale avait prévu de soumettre le 7 juillet une série de textes au Conseil supérieur de l’Education (CSE), instance représentative de tous les acteurs de l’Education mais uniquement consultative.

Le 16 décembre dernier, le CSE avait rejeté à une très large majorité le projet de loi Fillon sur l’Ecole.

Avant d’exposer officiellement ses décisions, le ministre a déjà reçu les quatre principales fédérations syndicales du monde éducatifUnsa-Education, Sgen-CFDT et Ferc-CGT). Il leur a laissé entrevoir ce qui survivra de la réforme, adoptée le 24 mars par le Parlement, au moins pour cette rentrée.

Les deux fédérations de parents d’élèves du public devaient être reçues mercredi soir.

Si la mesure-phare de la réforme, le socle commun de connaissances et compétences à maîtriser en fin de scolarité obligatoire, ne devait de toute façon pas entrer en vigueur avant la rentrée 2006, sa préparation en amont pourrait ainsi être actée par la création dès cet été du Haut conseil de l’Education, chargé d’en définir les contenus et les modalités.

Le nouveau brevet, sanctionnant l’acquisition du socle en fin de 3e, ne verra cependant pas le jour dans l’immédiat.

Soucieux de mettre en pratique les articles de la loi qui ont une vertu "sociale", le ministre a fait comprendre aux organisations syndicales que le recrutement des assistants pédagogiques, promis par François Fillon aux lycéens, chargés d’accompagner les élèves en difficulté dans des lycées défavorisés, serait maintenu.

De même l’augmentation du nombre de bourses au mérite, l’accès favorisé des bacheliers professionnels en BTS, ou les dispositions pour faciliter le passage des concours et examens aux élèves handicapés.

M. de Robien a en outre manifesté sa volonté de mettre en place en septembre un dispositif de soutien renforcé transitoire, avant l’apparition du plan personnalisé de réussite éducative (PPRE), cheval de bataille de son prédécesseur, en principe "articulé" sur le contenu du socle.

Le chapitre langues vivantes de la loi Fillon devrait également et au moins partiellement être mis en oeuvre, avec une période d’adaptation de deux ans, déjà prévue par François Fillon. Les enfants apprendront donc désormais une première langue en CE1 et une deuxième en 5e.

Le dédoublement des classes de langues en terminale est en revanche encore en suspens, selon un syndicat, car son coût est élevé et la marge de manoeuvre budgétaire limitée.

M. Fillon avait reconnu que ce dédoublement, dont il avait fait une des mesures vedette de la réforme, serait financé par la suppression des Travaux personnels encadrés (TPE) en terminale.

Sans se prononcer encore, M. de Robien a semblé cependant très à l’écoute des partenaires sociaux sur l’opportunité du "signal politique fort" que représenterait le rétablissement de ces TPE, demandé sans relâche par les lycéens tout au long de leur mouvement.

Parmi les mesures reportées, figurent selon les syndicats les décrets sur le remplacement par leurs pairs des profs absents moins de trois semaines, qui avait provoqué un bras de fer avec le précédent ministre, le nouveau dispositif de la formation continue, et les dispositions concernant l’orientation.

© AFP.

mis en ligne le jeudi 16 juin 2005
par ML



  
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