Angoisse scolaire : un marché rentable

Cours particuliers, qu’en penser ? Damien Raymond, chargé de mission Education à la Ligue de l’enseignement, s’exprime à ce sujet (AEF, 21 avril). Pour lui, ces cours constituent avant tout un "marché rentable, celui de l’angoisse scolaire". Mais une alternative existe.

Les parents sont très légitimement inquiets lorsque leurs enfants ont de mauvais résultats scolaires. Et pour eux, l’école n’est pas à même de venir à bout des difficultés de leurs enfants. Ils cherchent une solution rapide et efficace : ils s’engouffrent donc vers les cours particuliers, florissants actuellement.

Or souligne Damien Raymond, les cours particuliers sont "davantage une réponse à la préparation d’un examen qu’un outil de lutte contre les difficultés des élèves". Il se pose donc la question suivante : "[...] donner plus d’école à des élèves déjà en difficultés, est-ce vraiment accroître leurs chances de réussite ?" Existe-t-il vraiment une autre solution ?

L’école lieu du soutien

"L’école doit être le premier lieu où s’effectue le soutien à l’élève". Suite à cette assertion, Damien Raymond reconnaît aussitôt que dans les faits, les conditions pratiques ne le permettent pas toujours. La Ligue de l’Enseignement propose toutefois de se tenir à cet idéal : le soutien à l’école et par l’école. Pour combler les lacunes scolaires, la Ligue refuse le bachotage. Et s’appuie sur une méthode de travail en interaction avec les enseignants et les parents, au travers d’activités pluridisciplinaires. Damien Raymond en donne deux exemples : une activité musique (rencontre de musiciens, fabrique d’un instrument, initiation au solfège), ou une activité "informatique et lecture".

La Charte de la Ligue

Ces activités entrent dans le cadre de la Charte de l’accompagnement à la scolarité de la Ligue, définie en 2001 et qui a pour grand principe que "l’accompagnement scolaire n’est pas ‘une école après l’école’ ou une ‘école bis’". L’objectif de cet accompagnement est avant tout de "susciter, [d’]entretenir, [de] redonner l’appétit d’apprendre". On est loin du concept de bachotage !

Et au niveau des résultats ? Si l’on prend l’exemple de Lire et Faire Lire, action initiée en 1999 pour donner aux enfants le goût de la lecture, les résultats sont plutôt positifs. Une enquête a été menée pour les évaluer, consultable sur le site de prévention de l’illettrisme du ministère de l’Education nationale, Bien( !)lire. Ils sont encourageants : mais est-ce suffisant ?

Sandra Ktourza

mis en ligne le mardi 24 mai 2005
par ML



  
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