La FCPE : son projet éducatif

La FCPE a élaboré un projet éducatif Le Projet Educatif est le document de base sur lequel s’appuie l’ensemble de nos actions.

En traitant tous les aspects de la scolarité et du parcours du jeune, ce projet apporte les orientations à nos propositions.

AVANT PROPOS Par son projet éducatif, la FCPE milite dans le sens d’un enseignement de qualité pour tous.

Fruit d’un travail collectif, ce texte n’est ni une réécriture, ni une réactualisation du Projet éducatif de 1987. S’il se situe bien évidemment dans une logique de nos différents textes de référence, il a l’ambition de tracer des perspectives réellement novatrices pour l’éducation. L’éducation n’est plus la priorité de la Nation. Elle doit le redevenir. L’école de la République n’a pas su résoudre totalement l’échec scolaire. Elle s’est soumise à l’idéologie dominante, celle de la résignation devant les inégalités socioculturelles, déterminantes dans ce processus de marginalisation scolaire.

Notre société doit relever le défi de la formation de citoyens libres, responsables, en capacité d’appréhender les grandes mutations et de peser sur elles, dans le sens du progrès et du respect de l’autre. Atteindre cet objectif suppose, notamment, la nécessité de considérer l’enfant le jeune, citoyen dans l’école et dans la cité, c’est à dire un acteur autonome, libre de ses choix, respecté dans son droit d’expression, associé aux décisions qui le concernent, en particulier sur son projet personnel de formation.

Réussir le pari de la qualité de l’éducation et de la réussite de tous exige la définition d’objectifs clairs assignés par l’État, au système éducatif public, ainsi qu’un changement profond dans la conception dès pratiques éducatives et pédagogiques.

L’État a des responsabilités à assumer en matière d’éducation, il a obligation d’apporter à tous les jeunes, les savoirs et les compétences nécessaires pour qu’ils construisent leur propre identité, leur parcours professionnel, social et culturel ; pour qu’ils accèdent à une citoyenneté active. Il a aussi une obligation de résultat pour chaque élève. Il doit faire porter ses efforts sur les enfants et les jeunes en difficulté. Les enfants sont différents, l’école ne saurait en faire abstraction. Centrée sur les enfants, les jeunes, et non sur les disciplines enseignées, c’est à elle de s’adapter aux élèves, et non l’inverse.

La prise en compte de ces différences constitue la problématique de toute pédagogie de la réussite. Nous sommes des parents d’élèves coéducateurs responsables. En tant que tels, nous revendiquons d’être impliqués dans la réflexion et la mise en oeuvre de ces processus d’apprentissages. Cette politique éducative ne saurait se concevoir hors d’une perspective d’éducation tout au long de la vie. Le jeune doit progressivement avancer dans ses apprentissages, en fonction de son développement personnel. Ses rythmes de vie et d’acquisition doivent être respectés. Le temps d’un système éducatif vivant en autarcie est désormais révolu pour laisser la place à celui du partenariat.

Le système éducatif a pour mission de tout mettre en oeuvre pour accepter et intégrer les parents, tous les parents. La reconnaissance en tant que partenaires à part entière est un droit des parents, la prise en compte de leurs contraintes, une exigence, l’obtention d’un statut de délégué, permettant aux représentants élus des parents d’exercer effectivement leur mandat, une obligation. Notre projet dessine les contours d’un service public d’éducation républicain, qui ne peut exister sans idéal de démocratie, sans égalité des droits des citoyens et des élèves, sans volonté d’émancipation, sans transmission des valeurs.

La FCPE est une grande organisation dont le champ d’adhésion demeure toujours l’école. Il est souvent nécessaire de le rappeler afin d’éviter toute suspicion, tout malentendu. Mais la FCPE, mouvement fort, unitaire, opiniâtre, intervient également dans tous les domaines, sur toutes les questions qui concernent les enfants et les jeunes et qui ont des conséquences sur leur éducation. Directement préoccupée par la défense permanente des valeurs laïques, forte de son identité et des ses engagements, la FCPE est active dans l’école et dans la société, dans le seul intérêt des enfants et des jeunes.

Notre projet n’est pas un catalogue revendicatif. C’est un engagement politique de la FCPE, un texte idéologique, promoteur de toute action de la fédération pour les années à venir. C’est un texte évolutif qui vivra de l’action des conseils locaux sur le terrain. Notre Projet doit vivre, pour que la jeunesse de ce pays retrouve confiance dans l’avenir.

Philippe PUGNET Auch, le 17 juin 1997


Introduction En 1978, un peu plus de trente ans après sa naissance, la FCPE finalise son premier projet d’école. Premier texte de synthèse de toutes les idées et propositions élaborées au cours de ses congrès successifs, celui-ci marque une date importante dans l’évolution de la FCPE. Il constitue un acte majeur d’émancipation de la Fédération. Ainsi, les parents d’élèves laïques ont leur propre projet pour l’école et s’affirment comme force de proposition.

Au cours de la décennie qui va suivre, ce document sera la référence, le fil conducteur de l’action des parents FCPE. Il prône une école articulée autour d’un idéal d’égalité des chances, une école qui prend en compte tous les enfants et tous les jeunes pour les conduire au plus haut niveau de ce qu’ils peuvent réaliser, une école qui permette à tous de réussir.

Dix ans plus tard, en 1987, au congrès de Besançon, la FCPE remet son projet en débat. Une nouvelle étape est franchie, le Projet d’Ecole, centré sur le système éducatif, se transforme en Projet Educatif, définissant clairement un idéal de société et des conceptions éducatives étroitement liées à cette vision de la société.

Considérer les enfants et les jeunes comme acteurs de leur propre formation, mettre en exergue le rôle irremplaçable des parents dans le processus de formation, affirmer que tout projet d’école doit tenir compte des droits de l’enfant, que cette école est un lieu d’épanouissement et de réussite pour tous, proposer des cycles de formation sans rupture entre eux pouvait être considéré, à bien des égards, à l’époque, comme une véritable révolution culturelle.

Dans une société en évolution permanente, au moment de son 50e anniversaire, la FCPE fait le point et poursuit le travail engagé dix ans auparavant. Son nouveau projet, qui n’est plus simplement un projet pour l’école, ni seulement un projet éducatif, a l’ambition de tracer des perspectives réellement novatrices pour la jeunesse. Celui-ci précise les finalités de l’éducation en prenant en compte les changements profonds dans la conception de la place de l’enfant et du jeune dans la société, la mission de l’école, l’acte éducatif, le rôle des enseignants et celui des parents en relation avec nos principes et avec notre aspiration à construire une société libre, solidaire et démocratique. Concevoir aujourd’hui, un projet pour l’avenir de la jeunesse, c’est affirmer que tout enfant, tout jeune sera acteur de son éducation et de sa formation, avoir des exigences vis-à-vis du service public d’éducation et de formation professionnelle, définir une société qui érige la réussite pour tous, concept novateur, volontariste, en un principe intangible.

Vingt ans après notre premier texte de référence, ce concept d’égalité des chances que nous défendons, n’est pas réalisé. L’école de la République n’a pas su résoudre totalement l’échec scolaire. Certes, le niveau culturel et le niveau de formation de la population se sont élevés, le nombre de bacheliers a progressé, cependant notre société a généré un grand nombre de nouveaux exclus. Le fossé s’est inexorablement creusé entre les jeunes des familles qui vivent au quotidien les difficultés économiques et sociales et ceux des familles socialement et culturellement plus favorisées. La fracture s’élargit entre ceux qui réussissent leur propre parcours de formation, leur insertion sociale et professionnelle, et les autres, victimes d’échec scolaire et de l’échec de notre société à les intégrer. Après avoir relevé le défi de la scolarisation du plus grand nombre, la Nation et son service public doivent aujourd’hui, réussir le pari de la qualité de l’éducation et de la réussite pour tous.

Notre projet vise à atteindre cet objectif. Il se veut profondément novateur, bousculant les préjugés. Il sera parfois considéré subversif, dans la mesure où une fédération de parents d’élèves se risque à aborder délibérément la question de la pédagogie, au travers de propositions précises sur la conception de l’acte éducatif. Il marque aussi une étape nouvelle dans l’affirmation de la notion de coéducation. Ce projet pour la jeunesse intègre les évolutions actuelles ou prévisibles de notre société. Pour mieux les accompagner ou les combattre par une politique éducative conforme à nos idéaux, la société s’obligera à relever le défi de la formation de citoyens libres, responsables, en capacité d’appréhender les grandes mutations de notre société, dans tous les domaines et susceptibles de peser sur elles, dans le sens du progrès et du respect de l’Autre.

La famille, l’école et les intervenants, dans tous les espaces éducatifs, ont à assumer cette responsabilité. L’institution scolaire doit en prendre la plus large part, elle est garante de la transmission des valeurs républicaines et de la cohésion sociale. Atteindre cet objectif suppose :

-  une prise de conscience de tous les acteurs concernés
-  la nécessité de considérer l’enfant et le jeune, citoyen dans l’école et dans la cité
-  un changement profond dans la conception des pratiques éducatives et pédagogiques. Cette politique éducative ne saurait se concevoir hors d’une perspective d’éducation tout au long de la vie et implique
-  la redéfinition de la finalité et des objectifs de la formation initiale
-  le droit à la formation continue dans le cadre de l’éducation permanente
-  la primauté de la formation intellectuelle et du développement de la capacité et du goût à apprendre, sur la tendance à l’encyclopédisme.

Cela induit :
-  une nouvelle conception de la structure même du système éducatif, par une réelle diversification des parcours de formation
-  la prise en compte des acquis, tout au long des temps de formation ou des temps de travail et leur validation
-  une approche totalement différente de l’évaluation et de la certification.

La rapidité des évolutions techniques (la télévision, le multimédia, Internet ....) entraîne de profonds bouleversements au niveau même des sources de connaissances, prenant de plus en plus le pas sur l’école en tant que transmetteurs de savoirs. En conséquence, cela conduit l’Ecole à repenser son rôle, la mission des enseignants et les pratiques pédagogiques. Il ne s’agit plus seulement d’enseigner, mais de donner aux élèves la capacité à rechercher, à comprendre, à organiser les informations qui leur parviennent de sources multiples. "Apprendre à apprendre", donner le goût d’apprendre, construire une capacité d’analyse, d’esprit critique, rendre accessible à tous, les nouveaux outils de communication, sont désormais des objectifs incontournables.

Le temps d’un système éducatif vivant en autarcie est désormais révolu, pour laisser place à celui du partenariat. Coéducation avec chaque parent, partenariat avec les fédérations de parents d’élèves, dans une démarche de coéducation, c’est à dire de co responsabilité. Partenariat avec les entreprises, dans le cadre d’une politique de formation en alternance contractualisée et avec tous les partenaires susceptibles de coopérer avec l’école, sous sa responsabilité, pour atteindre les objectifs de la réussite pour tous.

Notre projet dessine les contours d’un service public d’éducation républicain, qui sort de son isolement et de ses certitudes. Il est dynamique et volontaire, avant tout préoccupé par l’avenir de la jeunesse et la réussite de tous. Il appartient, aux parents de la FCPE de le promouvoir en tous lieux et à tous niveaux où se décident l’avenir des jeunes et celui de la société.

Si son champ d’adhésion demeure toujours l’école, la FCPE, mouvement fort, unitaire, opiniâtre intervient dans tous les domaines, sur toutes les questions qui concernent les jeunes et qui ont des conséquences sur leur éducation.

Directement préoccupée par la défense permanente des valeurs laïques, forte de son identité et de ses engagements, la FCPE, mouvement d’éducation populaire, est active dans l’école et la société dans le seul intérêt de l’enfant et du jeune.

mis en ligne le mardi 24 mai 2005
par ML

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