ANDEV :RYTHMES DE L’ENFANT : Le serpent de mer

RYTHMES DE L’ENFANT : Le serpent de mer.


Le rapport intitulé " Rythmes de l’enfant, de l’horloge biologique aux rythmes scolaires " publié par l’NSERM constitue une pierre de plus au désormais haut édifice consacré par les scientifiques (aux premiers rangs desquels on trouve François Testu, Hubert Montagner, Yvan Touitou, Marie-Joseph Challamel et bien d’autres) à l’influence de la chronobiologie sur la vigilance, les performances, les facultés d’apprentissage, la fatigue, autant de facteurs ayant des incidences directes sur la réussite ( et donc sur l’échec scolaire...)

C’est le sommeil des enfants, ses cycles, ses irrégularités, ses sources de désynchronisation qui sont, en particulier mis en valeur, avec leurs conséquences en matières de difficultés scolaires.

Le rythme de la famille, l’organisation du temps scolaire aussi bien dans le primaire que dans le secondaire, les conditions et les modalités de " la sieste " en école maternelles sont plus spécialement étudiés.

Il en ressort une nouvelle batterie d’interrogations sur les effets de la semaine de 4 jours, sur l’organisation de la journée scolaire de l’enfant dans sa continuité avec les autres moments de sa journée tout court....et ce particulièrement pour les enfants des familles les plus défavorisées concentrées dans les zones d’éducation prioritaires.

Un débat déjà largement entamé, depuis de nombreuses années, les " thèses chronobiologistes " ayant été soutenues par le mouvement sportif, le ministère Jeunesse et sport, le ministère à la ville dans les différents dispositifs ( contractuels) d’aménagement des rythmes de vie de l’enfant (sous de multiples appellations), tantôt avec l’appui du ministère de l’éducation nationale, tantôt de façon séparée,( voire antagoniste) avec ce même ministère.

On se souvient ainsi de la dernière rupture provoquée par Claude Allégre, déclarant que " l’ARS (dispositif d’aménagement des rythmes scolaires préalable au cel) c’est fini !". Pourtant, dans le cadre de ce dispositif, des systèmes d’observation et d’évaluation locaux avaient été mis en place, et le " feu " CESAR ( comité d’évaluation de l’aménagement des rythmes scolaires) pouvait en capitaliser les résultats.

Dans un article du Monde ( du 07/04/2001), les scientifiques désespèrent d’être jamais entendu....Mais qu’ils ne se désespèrent pas, ils sont bien entendu !

Ainsi, à l’occasion des auditions qu’a faites Edmond Hervé, Maire de Rennes chargé pare le Ministre à la ville d’un rapport sur " le temps des villes ", à l’intérieur duquel on trouvera probablement un chapitre sur " le temps de l’éducation ", Hubert Montagner s’est livré à un long et brillant plaidoyer sur le temps de l’enfant, en particulier sur celui du sommeil.

Nul doute qu’il a été entendu par le rapporteur, et qu’il le sera par le Ministre !

Il n’en reste pas moins que les questions d’organisation et de gestion du système éducatif, du temps et des modalités de travail des adultes ( notamment de celui des enseignants), les craintes et les conflits de légitimités des acteurs et des institutions prévalent, sous l’effet des lobbies et des groupes de pression, au bien fondé des arguments des scientifiques.

De ce fait la question des rythmes et du temps de l’enfant sera avant tout et encore pour longtemps, on peut le craindre, un enjeu stratégique. La multiplication des observatoires réclamée par les scientifiques n’y pourra pas grand-chose !

mis en ligne le mardi 3 mai 2005
par ML



  
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