TABAC Les 12-19 ans renoncent peu à peu à la cigarette

TABAC Les 12-19 ans renoncent peu à peu à la cigarette, selon une étude menée à Paris

Cécilia Gabizon [20 avril 2005]

La cigarette n’est plus ce qu’elle était. Passée de mode, « ringardisée », elle serait peu à peu délaissée par les jeunes. « Le nombre d’élèves fumeurs a été divisé par deux entre 2001 et 2005 », se réjouit le pneumologue Bertrand Dautzenberg, président de Paris sans tabac (PST).

Cette baisse drastique concerne autant les filles que les garçons, selon l’enquête annuelle menée depuis 1991 par PST, avec l’académie de Paris et la Caisse primaire d’assurance-maladie de la capitale. Entre 1991 et 2001, en moyenne 20,5% des garçons de 12 à 19 ans scolarisés à Paris fumaient et 25,7% des filles. A partir de 2002, la tendance s’est inversée et, en 2004, ils n’étaient plus que 15% des garçons et 17% des filles à s’adonner encore au tabac.

« L’image de la cigarette a changé, avance le professeur de l’AP-HP. Avant, c’était la norme. Depuis les campagnes d’information, elle est perçue comme polluante, nocive. » De fait, un nombre croissant de jeunes ne sont plus tentés par la cigarette avant 16 ans. On compte ainsi 80% de fumeurs en moins parmi les 12-13 ans et 61% chez les 14-15 ans. Beaucoup s’y mettent ensuite, mais un quart s’arrête entre 16 et 19 ans. Maxime, 18 ans, en terminale, a renoncé aux volutes il y a deux mois car il avait « mal aux poumons » et avait compris que fumer, « ça tue, c’est mauvais ».

Camille, étudiante en économie à Dauphine, n’a, elle, jamais commencé et se flatte d’avoir « poussé des copains à arrêter » : « On les oblige à fumer tout seuls à la fenêtre. Du coup, ils ont moins envie. » Cette université tente de respecter la loi Evin et interdit la cigarette dans les locaux comme dans la cour. Un seul espace est réservé aux « accros ». « Mais c’est tellement enfumé que ça donne envie de vomir », note Carole, qui a décroché.

La plupart des collèges et lycées sont des espaces non fumeurs, même si certains proviseurs attribuent parfois une cour spéciale aux plus âgés. La situation est plus critique à l’université. Seules trois facultés franciliennes sur dix-sept testées bataillent pour proscrire le tabac. Les autres se mobilisent doucement. Mais, pour la première fois, 65% des étudiants, fumeurs compris, se disent favorables à des universités sans tabac.

Les jeunes sont désormais convaincus que la cigarette « pollue », souligne Danielle Lepetit, tabacologue de l’association PST. Munie de son « CO-testeur », sorte d’alcootest qui mesure le dioxyde de carbone dans les poumons, elle fait la tournée des établissements scolaires pour faire souffler les élèves et faire prendre conscience aux derniers irréductibles.

Au total, les jeunes ont plus largement renoncé à leur vice que les adultes. « Cette réduction est très encourageante en termes de santé publique car plus on fume tôt plus la dépendance est forte », se réjouit le professeur, qui espère une nette réduction des maladies liées au tabac.

L’effet des mesures préventives pourrait cependant s’émousser déjà. Les ventes remontent en effet légèrement en 2005 ainsi que la consommation des élèves.

LE FIGARO

mis en ligne le jeudi 21 avril 2005
par ML



  
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