Déclaration liminaire de la FCPE au Conseil Supérieur de l’Education

Mesdames Messieurs les membres du CSE

Il s’est passé un évènement important de la vie démocratique de l’institution « Education nationale ». Je parle des élections des représentants des parents d’élèves.

Tous les ans, nous demandons au Ministre en fonction, d’agir et d’organiser une campagne qui redonne à cet évènement la place qui est la sienne, pour que ce temps fort de nos institutions, ne soit pas compris comme une formalité obligatoire et reléguée au second plan.

Cette année, le ministre nous a écoutés et nos demandes ont été suivies d’actes au niveau ministériel. Nous nous en félicitons et nous vous en remercions. Une campagne nationale d’affichage devait être relayée dans chaque établissement et via internet. Charge aux établissements de tirer cette affiche au format A3 couleur. Des bandeaux à insérer sur les sites internet des rectorats et des Inspections Académique ont aussi été créés. Un véritable effort a été fait, des hommes et des femmes ont dépensé de l’énergie ...

Et pourtant, sur le terrain, nous n’avons pas vécu le changement annoncé ! Tous les rectorats ou Inspections d’académies n’ont pas jugé utile d’utiliser le bandeau internet ... quant aux établissements, certains nous disent n’avoir rien reçu, d’autres qu’ils n’ont pas la possibilité d’imprimer en A3 et encore moins en couleur !

Sur le déroulement de ces élections, cette année encore plus que les années précédentes, nous avons assisté dans certains établissements à une désorganisation déconcertante : calendrier non respecté, interdictions de présenter une liste FCPE, bulletins et enveloppes à la charge des candidats, listes de candidats n’ayant aucun élève dans l’établissement ... Il ne s’est pas passé un seul jour sans que nos présidents départementaux nous appellent pour signaler une anomalie ... Ne faudrait-il pas mettre la leçon de démocratie dans la formation des chefs d’établissement ? Quant aux résultats de ces élections qui sont les nôtres ... Nada, rien ! Quinze jours après ces élections, les inspections académiques nous disent qu’elles ont, suivant une note ministérielle, jusqu’à mi-novembre pour nous communiquer les résultats et qu’elles sont en phase de vérification ! Se moquerait-on de nous ? Les vrais résultats des élections sont ceux qui sont affichés à la porte du bureau de vote ! Devrait-on comprendre dans cette phase de « vérification » que les IA se permettraient éventuellement de changer quelques chiffres aux résultats annoncés par les bureaux de vote ?

Ces prétextes ont un relent de mauvaise foi, ils n’ont d’autres effets que de créer la suspicion et sont néfastes au partenariat indispensable à la refondation de l’école.

Après un CSE d’installation suivi d’un CSE de présentation du rapport sur la concertation, nous voici réunit pour une séance un peu plus classique. Nous avons aujourd’hui trois textes qui nous posent question. Le premier concerne la représentation lycéenne. Nous étions déjà intervenus lors de la séance d’installation pour regretter que les organisations lycéennes ne puissent pas siéger, comme nous, dans ce CSE. Les lycéens qui siègent en CSE, le sont nominativement et non en tant qu’organisation.

Le texte présenté aujourd’hui, en exigeant la désignation d’au moins un élève de seconde, n’affaiblira-t-il pas encore un peu plus la représentation des organisations lycéennes ? Ce texte qui part d’une bonne intention de continuité, n’est-il pas un exemple d’ingérence dans les organisations lycéennes ? Ce que nous refuserions pour nous même, pouvons-nous l’accepter pour les autres usagers du service public que sont les lycéens ? Ce texte n’est pas le fruit d’une réflexion murie et concertée. Aussi, nous vous demandons de bien vouloir le retirer de l’ordre du jour de ce CSE et d’instaurer un dialogue avec les organisations lycéennes afin de trouver des solutions pour qu’elles puissent siéger dans des conditions normales au CSE.

Nous aurons aussi à nous prononcer sur le décret relatif au brevet. Un texte sans grande innovation qui ne veut rien d’autre que de se mettre en conformité avec d’autres décrets. Mais lorsque la feuille est sale, on a beau réécrire dessus, la feuille reste sale ! La FCPE s’est déjà clairement exprimée sur son refus de voir la note de vie scolaire prise en compte dans l’attribution du brevet. Cette note est plus pénalisante qu’aidante pour les élèves. D’autre part, ce débat a aussi eu lieu dans le cadre de la concertation pour la refondation de l’école et la quasi-unanimité des participants se sont prononcés pour sa suppression ! Il est étonnant de le voir présenté en l’état ici comme si aucune discussion n’avait jamais eu lieu nulle part.

Nous demandons aussi le report de l’étude du texte sur l’allégement des programmes d’histoire géographie en 1èr au prochain CSE, pour une discussion globale en même temps que celui qui proposera prochainement la réinstauration de ces matières en terminale S. Au moment où le Ministre de l’Education parle de mettre en place un « comité des programmes scolaires » pour assurer un peu plus de cohérence, cela vous semble-t-il logique de saucissonner le sujet de l’histoire-géo des 1ère et terminales en deux débats distincts ? Pour la FCPE, la réponse est non !

Permettez-moi d’évoquer un sujet un peu particulier, celui des faits divers, parfois dramatiques qui se déroulent dans ou autour de l’école. Depuis plusieurs semaines, les médias se font un plaisir de relayer un certain nombre de violences qui se produisent au sein de nos établissements. Comme on en parlait assez peu avant et beaucoup aujourd’hui cela donne l’impression d’une soudaine montée de tensions dans les établissements alors même qu’aucune donnée statistique n’ait été produite pour étayer ces faits. Des émissions, des débats... sont consacrés sur le sujet avec des intitulés assez éloquents comme ce titre : « France : Montée de la violence à l’école » (sans point d’interrogation). Les rédactions auraient-elle des chiffres que nous n’avons pas sur l’évolution des incivilités depuis la rentrée ? Tout ceci repose-t-il sur quelque chose de scientifique ou sommes-nous une fois de plus victimes d’une bulle médiatique ? Dans tous les cas, nous appelons l’ensemble des organisations présentes, ici même, ainsi que le gouvernement à ne pas retomber dans les travers du sarkozysme qui se résume à « action ! Réaction ! » Pour chaque fait divers, on propose le vote d’une nouvelle loi de circonstance... Nous savons que l’option publique a ses humeurs, elles sont souvent changeantes et parfois très rapidement, lorsque l’émotion s’en mêle. Nous demandons à ce que ces sujets légitimes soient traités en dehors de toute réaction émotionnelle.

Enfin, sur le sujet de la refondation de l’Ecole, nous avons exprimé notre satisfaction à la lecture d’un bon nombre de points du rapport. Nous avons eu l’occasion de réaffirmer notre volonté et détermination à ce que l’intérêt de l’élève soit bien au centre de cette refondation : les enfants d’abord ! Ouverts à la discussion, nous n’accepterons pas que sans échanges concertés, des intérêts économiques ou catégoriels priment sur le devenir de nos enfants.

Nous n’accepterons pas une énième loi au rabais en succombant aux fausses alertes d’une soi-disant destruction de l’Ecole de la République. Nous n’accepterons pas que le contenu de ce rapport que nous avons tous ensemble contribué à rédiger soit effacé d’un revers de main !

Nous resterons vigilants sur la programmation budgétaire : en principe, une telle loi accompagnée d’une priorité nationale affichée devrait nous garantir des budgets décents pour l’Education nationale.

Nous exercerons aussi notre vigilance au niveau des collectivités locales avec le développement des transports, l’articulation des temps entre scolaire et périscolaire, et plus généralement dans les avancées indispensables pour la gratuité. Les collectivités territoriales ont un véritable rôle à jouer dans la refondation - elles étaient d’ailleurs présentes dans la concertation - il faut qu’elles l’assument entièrement pour que cette refondation soit effectivement suivie d’effets positifs dont nos enfants doivent être les principaux bénéficiaires ! Nous savons qu’elles ont dû compenser le désengagement de l’État. Elles devront maintenant conjuguer leurs efforts avec ceux de l’État.

Il faudra du courage et de l’audace pour assurer cette priorité budgétaire à tous les échelons et avancer vers une péréquation plus effective pour donner plus à ceux qui ont moins. Les parents d’élèves fédérés, les élus de la FCPE seront là pour montrer aux élus locaux et nationaux le sens de leur engagement et les nécessaires efforts à la mise en œuvre d’une telle priorité globalement partagée ... pour les enfants, d’abord !

mis en ligne le vendredi 26 octobre 2012
par ML



  
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