Absentéisme scolaire : Guide inédit

Pour la première fois en France, un guide destiné à lutter contre l’absentéisme scolaire a été présenté mercredi aux chefs d’établissements d’un département, la Seine-Saint-Denis, particulièrement touché par ce phénomène.

En tout, plus de 10.000 exemplaires de ce guide de 27 pages seront distribués aux établissements (primaire, collège et lycée) et aux professeurs principaux du département.

Divisé en plusieurs chapitres, le guide détaille les différentes étapes du traitement de l’absence : du signalement à l’école jusqu’à l’alerte plus grave auprès du procureur de la République.

Selon une enquête récemment publiée par le ministère de l’Education nationale, l’absentéisme scolaire a concerné environ 5% des collégiens et lycéens sur l’ensemble des établissements scolaires durant l’année 2003-2004. L’absentéisme "lourd" n’en a toutefois concerné qu’environ 1%, selon cette même enquête.

La situation est beaucoup plus grave en Seine-saint-Denis. Pour la mesurer l’inspection académique a recensé, sur la base d’un échantillon représentatif, le nombre d’élèves qui ont été absents sur une période allant de 4 à 12 demi-journées durant le premier trimestre 2004.

Selon l’inspecteur d’académie du département, Jean-Charles Ringard, "La moyenne départementale d’absence - selon ces critères - est de 7%. Sur ces 7%, l’absentéisme atteint 17% dans les lycées professionnels".

Un chiffre "inquiétant" qui signifie concrètement, selon M. Ringard, que "chaque jour en lycée professionnel au moins 3 ou 4 élèves par classe ne sont pas présents". D’une manière générale, les garçons sont davantage absents que les filles.

"Il est ressorti de cette réunion que nous étions tous débordés par la masse des absents", a raconté mercredi le proviseur d’un gros lycée du département - qui a voulu garder l’anonymat - après avoir pris connaissance du guide.

"L’absentéisme se décline de plusieurs façons", selon lui. "En primaire il prend la forme de l’école à la carte avec la question du samedi matin, mais aussi avec les "enfants charters" qui rentrent très tard de vacances scolaires" ajoute-t-il.

Au collège et au lycée, l’absentéisme a également tendance à se développer. En lycée professionnel, "c’est un problème criant, peut être parce que les élèves ont subi une orientation qu’ils ne voulaient pas", témoigne encore ce chef d’établissement.

Selon lui, une forme de "consumérisme" scolaire prend même forme aujourd’hui : les élèves sèchent les cours "selon la matière enseignée et le coefficient au bac".

En revanche, sur 280.000 élèves scolarisés dans le département (premier et second degré), seuls 65 dossiers sont traités au niveau de l’inspection académique, deuxième étape de prise en charge de l’absence après un premier signalement dans l’établissement.

mis en ligne le dimanche 27 mars 2005
par ML



  
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