Niveau scolaire et inégalités sociales

La France est l’un des pays où le milieu social influence le plus le niveau scolaire. Il joue pour 50 points sur un total de 500 dans un test évaluant la maîtrise de la lecture, selon l’enquête Pisa menée par l’OCDE en 2009 auprès d’élèves âgés de 15 ans. C’est plus que l’Allemagne (44 points), les États-Unis (42) et le Japon (40). Le lien entre origine sociale et difficultés scolaires se retrouve tout au long de la scolarité.

Au collège

84 % des élèves des sections pour jeunes en difficulté sont issus des catégories sociales défavorisées. Ainsi, le taux de réussite à l’édition 2009 du brevet était de 68,4 % pour les enfants de parents ouvriers contre 94,9 % pour les élèves ayant un ou des parents cadres supérieurs. Les chances d’obtenir une mention « bien » ou « très bien » varient de un à trois selon le milieu social : 44 % des enfants de cadres sont concernés contre seulement 14 % des enfants dont le responsable légal est inactif. Le redoublement durant le secondaire est beaucoup plus fréquent chez les élèves d’origine modeste que chez les autres. Plus globalement, les études montrent que ces inégalités ne sont pas propres au collège mais s’accumulent depuis les petites classes.

Au lycée

90 % des enfants d’enseignants observés en sixième en 1995 ont obtenu le bac environ sept années plus tard, contre 40,7 % des enfants d’ouvriers non qualifiés et 27,6 % des enfants d’inactifs. Des études ont par ailleurs calculé que les enfants d’enseignants avaient 14 fois plus de chances d’être titulaires du bac que ceux d’ouvriers non qualifiés. Le milieu social joue aussi sur le choix des filières. En 2008, 34,6 % des enfants d’ouvriers et 20,3 % des enfants d’employés ont obtenu un bac professionnel, contre seulement 8,1 % des élèves ayant des parents cadres supérieurs. Les inégalités se creusent avec le temps, malgré la hausse globale du niveau d’éducation. En 1996, un enfant d’enseignant avait 8,5 fois plus de chances d’être bachelier qu’un enfant d’employé de service. En 2002, c’était 17,5 fois plus. Entre 1996 et 2002, les taux d’accès au bac ont même diminué pour les enfants d’employés de service et d’ouvriers non qualifiés.

Sources Observatoire des inégalités et ministère de l’éducation nationale.

mis en ligne le jeudi 27 octobre 2011
par ML



  
BRÈVES

Free counter and web stats