DÉLINQUANCE Le ministre a présenté son plan antiviolences

Jean-Marc Leclerc 25 mars 2005

Les femmes et les enfants d’abord ! Le plan Villepin contre les violences présenté hier à Saint-Denis est résolument tourné vers les personnes les plus vulnérables. Il se veut concret, s’inspirant directement des expériences menées dans les « 25 quartiers » du projet de prévention de la délinquance piloté par le ministère de l’Intérieur. Sa principale innovation : la création avant la fin de l’année d’un « office central de protection des mineurs et des personnes vulnérables », qui sera rattaché directement à la direction centrale de la sécurité publique.

Priorité des priorités pour le « premier flic de France » : « la protection de la sphère privée ». Il promet « la tolérance zéro contre les violences intrafamiliales » et réclame une vigilance accrue des forces de l’ordre sur ce phénomène. « Je proposerai avec Dominique Perben un dispositif législatif pour faciliter les procédures d’éloignement des conjoints et anciens conjoints violents », assure-t-il.

Internet a-t-il envahi les foyers ? Pour contrer ses dérives et notamment les atteintes sexuelles contre l’enfant, Dominique de Villepin annonce des « cyberpatrouilles de la Toile ». En clair : un renforcement des équipes spécialisées dans la traque informatique des pervers. Même les SMS douteux entreront dans le champ de cette offensive. Le ministre de l’Intérieur annonce au passage une prochaine refonte de la législation sur les « modalités de contrôle du contenu des supports vidéo », qu’il s’agisse de jeux, de cassettes ou de DVD. Il veut se donner les moyens de lutter plus efficacement contre la propagation des programmes d’ordinateurs qui, sous des aspects ludiques, incitent à la xénophobie et à la haine raciale.

Protéger les plus jeunes et les plus faibles, c’est aussi s’attaquer aux menaces qui pèsent sur les collèges et les lycées. Les opérations de sécurisation, avec contrôles d’identité et fouilles aux abords des établissements scolaires, vont donc se multiplier. « Nous avons constaté avec le ministre de l’Éducation, François Fillon, lors des opérations du 6 janvier, qu’il existait un réel besoin de sécurité autour des écoles et sur les trajets scolaires », justifie Dominique de Villepin. Encore faut-il que celles-ci soient conduites avec doigté, car les forces de l’ordre agiront sous le regard vigilant des enseignants et des parents d’élèves.

Les établissements scolaires pourront, au besoin, se doter de caméras pour améliorer leur surveillance. Dominique de Villepin est un adepte des solutions technologiques. Il préconise même dans son plan le recours aux caméras vidéo pour sécuriser les lieux de culte et les cimetières. Au programme également : des GPS et des « caméras embarquées dans le bus, les trains ». Le financement n’est pas précisé.

Pour prévenir la violence dans les espaces publics, le ministre de l’Intérieur annonce en tout cas une mesure qui devrait surtout être à la charge des sociétés privées ou des collectivités locales : « Je souhaite rendre obligatoires les études de sécurité publique dans les grands projets d’urbanisme et d’habitat, que ce soit pour bâtir ou rénover des logements, des écoles ou des centres commerciaux, ou pour aménager un quartier », dit-il.

Restait le message à destination de ses troupes, pour prendre en compte les constats formulés ces derniers mois, notamment l’Observatoire national de la délinquance présidé par Alain Bauer. « Chacun sait que les agressions et les violences se commettent essentiellement en fin d’après-midi et en soirée, la nuit et le week-end », a-t-il rappelé. Il conclut donc : « J’ai demandé à tous les chefs de service de la police et de la gendarmerie de renforcer les patrouilles en tenue et en civil pendant les créneaux horaires les plus criminogènes. »

mis en ligne le vendredi 25 mars 2005
par ML



  
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