Cours le matin, sport l’après-midi : position de l’ANDEV

L’ANDEV réagit suite à l’annonce par Luc CHATEL de l’extension de l’expérimentation du dispositif "Cours le matin et sport l’après-midi" dans les collèges volontaires.

L’ANDEV soulève les questionnements suivants :

1) Les objectifs affichés manquaient de clarification.

S’agit-il d’un objectif de réussite scolaire, auquel cas il aurait fallu mener des évaluations plus ciblées et plus précises, ne reposant pas essentiellement sur des impressions de parents d’élève ou encore de principaux de collège et vérifier si les résultats scolaires s’étaient améliorés ?

2) S’agit-il d’un objectif de démocratisation du sport, Luc CHATEL ayant annoncé un souhait de voir un élève sur deux licencié de l’UNSS, à l’issue des trois ans de l’expérimentation ?

3) S’agit-il d’un objectif de réduction de la violence scolaire et d’amélioration du climat à l’école, auquel cas il aurait fallu là aussi des évaluations plus précises, qui auraient justifié l’expérimentation ?

Quoi qu’il en soit, les objectifs affichés ne peuvent concerner les mêmes publics et les mesures déclinées pour les atteindre doivent être différenciées.

L’ANDEV s’étonne par ailleurs, de la période d’annonce de la poursuite de cette expérimentation, qui devait nourrir la conférence sur les rythmes scolaires, dont le rapport définitif devrait être remis à la mi-juin, car il s’agit bien ici d’une nouvelle organisation de la journée et donc d’une modification des rythmes scolaires. Elle intervient aussi en parallèle des état de la sécurité à l’école, qui n’ont pas évoqué cette expérimentation.

Quant au dispositif en lui-même et son ossature, l’ANDEV souligne que :

1) Les rythmes proposés ne sont pas conformes à la chronobiologie.

2) Le dispositif posera le problème de la mobilisation des équipements sportifs et celui des enseignants.

3) L’expérimentation n’a pas été concluante en Allemagne et est responsable d’un mauvais classement de ce pays dans les dernières études PISA.

Plus globalement, la poursuite de cette expérimentation fait état d’un certain désordre. Alors que la réforme du collège unique devrait s’inscrire dans une réflexion globale, elle fait l’objet de réflexions fragmentées, renforçant l’effet d’absence de cohésion et de cohérence. La circulaire de rentrée 2011 fait en effet état de ce dispositif, ainsi que de l’apparition d’une classe de 3e prépa pro de pré-professionnalisation, sans analyse globale.

Les propositions de l’ANDEV sont de :

1) Mener une réflexion sur l’éducation physique et sportive à l’école, vecteur de valorisation d’autres compétences pour les enfants en difficulté, dans l’approche du savoir-être et de la confiance en soi.

2) Rompre avec une réflexion morcelée et unilatérale une fois encore, et de se diriger vers une réflexion globale avec les Collectivités Locales, dans le cadre d’un Projet Educatif de Territoire, qui dépasse le Projet Educatif Local pour devenir un vrai projet de société.

mis en ligne le mercredi 22 juin 2011
par ML



  
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