DIMA : "dispositif d’initiation aux métiers" en alternance dès 15 ans

Le gouvernement s’entête sur le DIMA, "dispositif d’initiation aux métiers" en alternance dès 15 ans

Annoncé en 2008, mis en place en 2009, le DIMA fait l’objet d’un décret publié au Journal Officiel du 31 décembre. Il permet de sortir de classe des jeunes de 15 ans pour les faire entrer en pré-apprentissage.

Présenté dans la circulaire de rentrée de 2008, le DIMA devait permettre " à des élèves de collège de découvrir un ou plusieurs métiers par une formation en alternance d’une année scolaire, tout en poursuivant l’acquisition du socle commun de connaissances et de compétences". En fait, en 2009, seule la région Alsace (la seule qui soit à droite) acceptait de tester ce dispositif dérogatoire à la scolarité obligatoire.

Depuis le DIMA s’est davantage répandu et le ministère s’est engagé à ce que "l’organisation pédagogique (veille) à ce que les enseignements dispensés intègrent les objectifs du socle commun de connaissances et de compétences, qui s’impose à toutes les formations accueillant des élèves relevant de la scolarité obligatoire" (circulaire de rentrée 2009).

Le décret qui organise le DIMA précise que "les formations en alternance, sous statut scolaire, en centre de formation d’apprentis.. concernent les élèves ayant atteint l’âge de 15 ans à la date d’entrée dans la formation. Elles sont dénommées "dispositif d’initiation aux métiers en alternance” et sont destinées à faire découvrir un environnement professionnel correspondant à un projet d’entrée en apprentissage".

L’admission a lieu " sur demande, présentée au chef d’établissement, de l’élève et de ses représentants légaux s’il est mineur" mais elle peut intervenir en cours d’année scolaire. L’élève en formation pour un maximum d’un an dans le DIMA demeure sous statut scolaire. Il reste inscrit dans son établissement d’origine durant toute la durée de la formation. "Pour tout élève admis dans le dispositif d’initiation aux métiers en alternance, l’évaluation du socle commun de connaissances et de compétences figurant dans le livret personnel de compétences, mentionné à l’article D. 311-6, sert de base à l’élaboration du projet pédagogique", précise le décret.

Il s’agit pourtant bien d’une filière de relégation.

En effet "la formation comporte obligatoirement des enseignements généraux, pour la moitié au moins du temps de formation". C’est à dire qu’à ces élèves, déjà en grande difficulté scolaire, on offre deux fois moins d’heures d’enseignement qu’aux autres. On voit mal comment ils pourraient dans ces conditions atteindre le niveau du socle commun. Or le Céreq a montré que la réussite aux examens professionnels est déterminée par le niveau scolaire des candidats.

En les sortant de la scolarisation avec un niveau très bas, on obère lourdement l’avenir de ces jeunes.

Le DIMA est une fin de formation qui donne peu de chances d’ouvrir sur un CAP et l’emploi.

L’article Art. D. 337-182 qui traite des jeunes qui veulent quitter le DIMA en cours de route ne prévoit d’ailleurs pas la simple réintégration de l’élève dans le collège dans lequel il est officiellement inscrit !

Il y a un mois les résultats de PISA montraient une hausse des jeunes en difficulté scolaire. A ces collégiens, le gouvernement propose le renoncement.

DÉCRET

mis en ligne le lundi 3 janvier 2011
par ML



  
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