Sarkozy à Bobigny : allocations familiales suspendues en cas d’absentéisme scolaire injustifié

Le président Nicolas Sarkozy a annoncé que les allocations familiales seraient "systématiquement" suspendues en cas d’"absentéisme scolaire injustifié", lors d’un discours à Bobigny sur la sécurité, à l’occasion de la prise de fonction du préfet Christian Lambert.

"Désormais, la décision de suspendre les allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire injustifié et répétitif d’un élève devra avoir un caractère systématique", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Un projet de loi sera déposé à l’Assemblée nationale "dès la semaine prochaine pour aller dans ce sens", a ajouté le chef de l’Etat.

Le Syndicat des Inspecteurs d’Académie (SIA), interrogé par l’AFP sur la suspension des allocations familiales pour absentéisme scolaire, juge nécessaire de faire "attention aux effets d’annonce" dans une matière nécessitant "beaucoup de doigté"

Le député UMP Eric Ciotti, qui déposera en début de semaine prochaine à l’Assemblée nationale une proposition de loi "allant en ce sens", a précisé qu’il s’agissait de "placer l’inspecteur d’académie au coeur du processus".

"Il faut faire attention aux effets d’annonce. Ces annonces, un peu à l’emporte-pièce, veulent frapper l’opinion, mais ensuite on ne peut pas les appliquer, notamment car cela crée de la pauvreté", a réagi Robert Prospérini, secrétaire général du SIA, principal syndicat des inspecteurs d’académie.

"Le gouvernement veut rendre plus dure l’application de la loi ? Sans faire de polémique, parfois le gouvernement actuel dit +on fait des choses nouvelles+, mais ce sont des choses qui existent", a-t-il ajouté. "Ce n’est pas nouveau : les inspecteurs d’académie, comme garants de l’obligatoire scolaire, sont déjà au coeur du dispositif ; ce sont eux qui doivent convaincre les familles que leurs enfants aillent à l’école", a poursuivi M. Prospérini.

"Mais ce sont souvent des familles en difficultés sociales. On essaye de faire intervenir la protection sociale de la jeunesse et les services sociaux, et supprimer les allocations n’est pas toujours la bonne solution. Il faut savoir doser avec beaucoup de doigté.

Convaincre les familles est souvent plus efficace", a-t-il ajouté.

Selon M. Prospérini, la suppression des allocations constitue "une violence financière forte, et même très forte pour certaines familles". De son côté, la fédération Unsa Education a "dénoncé" dans un communiqué le "choix inefficace et discriminant" du chef de l’Etat, car l’absentéisme est un "problème complexe (qui) ne sera pas résolu par des mesures simplistes".

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a annoncé que le gouvernement proposerait à 53 chefs d’établissements scolaires "particulièrement sensibles" d’installer "un bureau destiné au policier ou gendarme référent". "Le ministre de l’Education nationale et le ministre de l’Intérieur vont rencontrer les 53 chefs d’établisssements. A tous, nous leur proposerons la désignation d’un policier référent", a annoncé M. Sarkozy. "Nous leur demanderons un bureau pour que ce policier référent puisse passer une ou plusieurs fois par semaine", a-t-il ajouté, en précisant qu’il reviendrait à ce policier de "recevoir les jeunes tentés par les chemins de la délinquance" et d’"écouter les enseignants qui peuvent avoir peur de tel ou tel". Selon M. Sarkozy, "ces policiers ou gendarmes référents ne seront engagés dans ces établissements que sur la base du volontariat des établissements. Si le chef d’établissement ne le veut pas, il voudra bien le signaler par écrit par écrit au ministre de l’Intérieur et au ministre de l’Education nationale. Comme ça, chacun prendra ses responsabilités. Ceux qui le voudront auront alors un jeune policier pour faire de la prévention", a-t-il ajouté. "La phénomène en milieu scolaire est un phénomène dramatique qui compromet l’égalité des chances", a-t-il également soutenu.

mis en ligne le mardi 20 avril 2010
par ML



  
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