Rythmes scolaires : et si on travaillait le mercredi matin ?

Une circulaire de la Direction de l’enseignement scolaire veut revenir sur la semaine de quatre jours.

La circulaire de cadrage de la rentrée 2010, publiée le 18 mars par la Direction générale de l’enseignement scolaire, la Degesco, met en avant les priorités du ministère pour l’année 2010-2011.

Parmi les nombreux sujets évoqués - aide personnalisée, autonomie des établissements... -, la question des rythmes scolaires revient en bonne place ; et particulièrement à l’école primaire. « Les recteurs et les inspecteurs d’académie, précise la circulaire, seront attentifs à la gestion des rythmes scolaires, en relation avec les collectivités locales, les parents d’élèves et les enseignants.

En visant avant tout l’intérêt de l’enfant, ils étudieront les formules les plus adaptées aux besoins de l’élève. L’organisation de la semaine en neuf demi-journées (du lundi au vendredi en incluant le mercredi matin) est encouragée chaque fois qu’elle rencontre l’adhésion. »

La semaine de quatre jours avait été instaurée à la rentrée 2008, à la suite de la réforme du primaire mise en place par Xavier Darcos, qui supprimait les cours le samedi matin contre l’avis d’une grande part de la communauté scolaire, et notamment les principaux soutiens aux nouveaux programmes. S’apparentant plus au dommage collatéral qu’au choix explicite, la semaine de quatre jours s’est imposée alors même qu’elle n’avait pas la préférence du ministre. Au point que celui-ci avait précisé en février 2009 : « Je rappelle que j’ai laissé le choix aux conseils d’école de choisir soit quatre jours, soit quatre jours et demi. »

Mais le mercredi, jour stratégique pour les associations sportives et culturelles, n’a pas séduit, et les cours se sont concentrés sur les lundis, mardis, jeudis et vendredis, alourdissant les journées des élèves, déjà trop remplies du fait de vacances interminables.

L’année scolaire a été déterminée par une loi de 1938 qui fixait à deux mois et demi les vacances d’été pour les moissons et les vendanges, et la coupure du jeudi, devenu le mercredi, était à l’origine réservée au catéchisme. Aujourd’hui, l’écolier français, avec 140 journées de travail par an, est celui qui, en Europe, a les journées les plus lourdes, et les vacances les plus longues.

« Un symbole politique »

Les sondages organisés par le SNUIPP, principal syndicat du primaire, auprès de ses adhérents, et ceux en direction des parents d’élèves prouvent qu’une majorité de parents et de professeurs refuseraient aujourd’hui de revenir sur le samedi chômé.

Mais en janvier 2010, un rapport de l’académie de médecine a relancé la polémique (lire ci-dessous). Du côté du ministère, on reconnaît que la question des rythmes scolaires est une question sensible. « Impossible de revenir sur le samedi matin, explique-t-on Rue de Grenelle. C’est désormais un symbole politique. On ne peut pas avoir l’air de désavouer Xavier Darcos. Mais la semaine de quatre jours est critiquée de tous côtés. Les journées sont trop lourdes pour les enfants. » Les fédérations de parents se réjouissent de l’impulsion donnée par la Degesco. Reste aux conseils d’école à trancher.

Et aux politiques à poser, contre la volonté de l’industrie du tourisme, la question des si longues vacances scolaires, seule marge de manœuvre pour réduire significativement les journées des élèves.

mis en ligne le mardi 23 mars 2010
par ML



  
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