Des rythmes scolaires...,

Nous y voilà. Moins de deux ans après avoir supprimé le samedi matin à l’école, le ministère de l’éducation nationale demande d’"encourager", à la prochaine rentrée, le mercredi matin travaillé. La réforme des rythmes scolaires en France tourne à la mauvaise blague. Un petit florilège des promesses politiques de tous bords s’impose pour prendre la mesure de cet interminable feuilleton.

Qui a dit : "L’organisation et la gestion du temps scolaire comportent des insuffisances persistantes, il faut mieux organiser les activités scolaires dans la journée, la semaine, l’année" ? Lionel Jospin en 1989. Qui a dit : "Je souhaite parvenir, sur la durée d’un septennat, à instituer, partout en France, un système qui consacre le matin aux disciplines de la connaissance traditionnelle et l’après-midi aux disciplines sportives et aux enseignements artistiques au nom de l’intérêt de l’enfant et de l’égalité des chances" ? Jacques Chirac en 1995. Qui a dit : "Je souhaite, au nom de la réussite des élèves, demander à toutes les écoles d’ouvrir le débat sur l’aménagement de la journée et de la semaine" ? Ségolène Royal en 2000.

Pendant toutes ces années, des spécialistes - chronobiologistes, inspection générale de l’éducation nationale (IGEN), académie de médecine - ont multiplié rapports et recherches pour dénoncer, avec constance, des journées de classe trop longues, des années scolaires trop courtes et l’inadaptation des rythmes aux besoins physiologiques de l’enfant. Des tentatives ont bien été lancées : rappelez-vous les "après-midi sans cartable" de Guy Drut ou le "modèle" encensé d’Epinal. Mais jamais elles ne furent testées à grande échelle. Des années de discours pour finalement parvenir, en septembre 2008, à la généralisation de la semaine de quatre jours. Soit l’opposé de ce qui était préconisé.

Résultat : vingt-quatre heures de cours concentrées sur quatre journées, cela ne marche pas. "Fatigue des enfants, manque de temps pour les apprentissages, les inconvénients de la semaine de quatre jours se confirment", résume l’IGEN en 2009. Alors maintenant, que fait le gouvernement ? La girouette. Qui a dit : "Je suis pour la suppression des classes le samedi matin sans report sur les autres jours de la semaine" ? Nicolas Sarkozy en 2007. Qui propose désormais d’instaurer l’école le mercredi matin ? Son ministre Luc Chatel. Aux oubliettes les propositions de mieux alterner matières fondamentales et activités sportives et culturelles. A lire les réactions des internautes à cette proposition du mercredi, l’opération n’est pas gagnée. Tout le monde y va de son expérience personnelle, de son organisation familiale et de son avis sur ce qui est bien pour les enfants.

Et Xavier Darcos, qui avait été chargé, alors qu’il était ministre de l’éducation nationale, de mettre tous les écoliers à la semaine de quatre jours, il dit quoi ? Rien. Il a quitté le gouvernement.

Courriel : blanchard@lemonde.fr.

Sandrine Blanchard

mis en ligne le mercredi 24 mars 2010
par ML



  
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