Le nombre de CPE baisse, Chatel biaise DESINTOX

Le nombre de CPE baisse, Chatel biaise DESINTOX

Répondant aux critiques concernant la diminution du personnel de surveillance, le ministre de l’Education a affirmé que le nombre de CPE était orienté à la hausse depuis 2002. C’est faux : il baisse depuis trois ans

« Il n’y a pas de suppressions de postes chez les conseillers principaux d’établissements d’éducation, les CPE. Puisqu’entre 2002 et 2009, en sept ans, nous sommes passés de 9000 à 12000 CPE. »

Luc Chatel, ministre de l’Education, le 7 février sur France 5

INTOX

Une semaine après l’agression d’un élève du lycée Adolphe-Chérioux, à Vitry, les enseignants refusent toujours de reprendre les cours, demandant le doublement des postes de surveillants. Dans un contexte de baisse des recrutements, Luc Chatel, ministre de l’Education, fait face à des critiques concernant l’insuffisance des effectifs (surveillants ou CPE). Le 7 février, sur France 5, son intervieweur Nicolas Demorand se fait l’écho des revendications des syndicats : « On reproche la baisse d’un certain nombre de postes dans les établissements. » A quoi Chatel répond : « Pour ce qui est du personnel à l’intérieur des établissements, je suis au regret de vous dire que vos informations ne sont pas exactes. » « Il n’y a pas de suppressions de postes à l’éducation nationale ? » relance Demorand, étonné. « Si, mais pas chez les conseillers principaux d’établissements d’éducation, les CPE. Entre 2002 et 2009 en sept ans, nous sommes passés de 9 000 à 12 000 CPE. »

DESINTOX

De son passé de DRH chez l’Oréal, Chatel a visiblement gardé l’art de jongler avec les effectifs... et un talent cosmétique certain pour maquiller les chiffres. Il y a bien environ 12 000 conseillers principaux d’éducation dans les établissements français (en 2009, ils étaient 11 967 pour être précis), mais c’est bien la seule chose de juste dans ce qu’affirme le ministre. En 2002, ils étaient 11 207 et non 9 000. Les effectifs ont régulièrement progressé jusqu’à atteindre 12 659 CPE en 2006. Mais Chatel se garde bien de dire que depuis trois ans, ils sont clairement orientés à la baisse.

Les CPE étaient 12 477 en 2007, 12 211 en 2008, avant donc de descendre sous la barre des 12 000 en 2009 pour la première fois depuis 2004. Raison de cette érosion, une réduction drastique des recrutements. En 2002, 900 nouveaux postes de CPE étaient attribués, en majorité via un concours externe. Ce nombre est tombé à 525 en 2004 avant de plonger. Entre 2007 et 2009, seulement 200 postes ont été ouverts au concours externe. Insuffisant pour compenser les départs annuels (retraite, démissions, mutations) estimés ces dernières années à environ 500 personnes.

Les syndicats s’en sont émus, faisant remonter du terrain des difficultés croissantes de remplacement des CPE, voire désormais dans certaines académies, de vacance de titulaires. Fin 2008, le ministère a justifié cette politique en invoquant un « surnombre budgétaire », avant de consentir en 2010 une légère augmentation du nombre de recrutement du concours externe (250, à quoi s’ajoutent 50 recrutements en interne). Ce qui devrait être encore insuffisant pour inverser la tendance baissière. Quoi qu’en dise Luc Chatel.

mis en ligne le mercredi 10 février 2010
par ML



  
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