Ces élèves condamnés à imiter leurs parents

Ces élèves condamnés à imiter leurs parents

Selon l’Insee, le manque de motivation limite le parcours scolaire...

Le poids des origines. Dans son étude « France, portrait social 2009 » rendue publique hier, l’Insee compare pour la première fois le destin scolaire de deux groupes d’élèves.

D’un côté, ceux issus d’un milieu modeste, dont aucun des parents n’a le bac - soit la moitié des bacheliers actuels -, de l’autre, ceux dont le père ou la mère avaient réussi à décrocher le diplôme. Résultat : seule la moitié des premiers deviendront eux-mêmes bacheliers, et ils seront quatre fois plus nombreux que les autres à passer un bac professionnel ou technologique, plutôt que général. Les notes n’expliquent pas tout.

« Bridés » dans leurs choix

« Ceux dont les parents n’ont pas le bac font des choix moins ambitieux. Comme s’ils bridaient leur parcours », souligne Jean-Paul Caille, chargé d’études au ministère de l’Education.

A bulletins de notes équivalents, ces jeunes ont très souvent tendance à limiter leurs aspirations : les bacheliers dits « de la première génération » sont trois fois plus nombreux que leurs homologues dits « de père en fils » à ne pas entamer d’études supérieures, alors même que l’université leur est ouverte.

Ensuite, ils s’inscrivent moins en prépa, et intègrent donc moins les grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs, même lorsqu’ils ont décroché une mention.

« Certaines familles perçoivent mal l’utilité professionnelle du diplôme », déplore le conseiller. En somme, la position d’arrivée dépend en grande partie de la position de départ.

Pourquoi ?

« Le manque d’information, une réticence à déménager s’il le faut, et des difficultés matérielles éventuelles pour financer les études », selon Jean-Paul Caille. Mais surtout, « ces jeunes bacheliers sont rattrapés par leur histoire familiale ». Dur constat. Laure de Charette

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INSEE

mis en ligne le vendredi 13 novembre 2009
par ML



  
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