Violences à l’école : accord de partenariat entre l’Intérieur et l’Education

Violences à l’école : accord de partenariat entre l’Intérieur et l’Education AP | 23.09.2009 | 18:53

Vidéosurveillance, équipes d’intervention, les ministères de l’Intérieur et de l’Education nationale ont signé mercredi les conventions mettant en musique les mesures annoncées en mai pour lutter contre la violence à l’école, qui entreront progressivement en vigueur d’ici à la fin de l’année 2010. A cette occasion, les syndicats ont rappelé que, selon eux, ce dossier devait faire l’objet d’un "travail de longue haleine" et non de "mesures médiatiques".

Le ministre de l’Education Luc Chatel et celui de l’Intérieur Brice Hortefeux ont signé mercredi deux documents distincts : une circulaire "relative à la sécurisation des établissements scolaires et au suivi de la délinquance" et une convention de partenariat "pour la formation des cadres de l’Education nationale aux problématiques de sécurité".

Côté sécurisation, les deux ministères comptent généraliser les "diagnostic de sécurité" dans tous les établissements d’ici à la fin 2010 et désigner des "correspondants sécurité" pour tous les établissements du second degré.

Le recours à la vidéosurveillance pourra également être autorisé et sera d’ores et déjà mis en place dans une centaine d’établissements sensibles d’ici à la fin 2010, a précisé M. Hortefeux lors d’une conférence de presse commune avec M. Chatel.

Par ailleurs, des équipes mobiles de 20 à 50 membres placées sous l’autorité des recteurs pourront intervenir au cas par cas dans les établissements en cas de situation de crise grave. Les premières seront déployées "dans les semaines qui viennent", a déclaré Luc Chatel mercredi. La première de ces équipes, avec à sa tête un commissaire de police, sera mise en place dans les prochains jours auprès du rectorat de Créteil.

Elles seront composées de policiers et de gendarmes, mais également de conseillers principaux d’éducation, de psychologues et d’infirmières scolaires. Des équipes de policiers et de gendarmes seront également chargées de sécuriser les abords des établissements, notamment les transports en commun.

La violence scolaire "nécessite un travail de longue haleine avec tous les acteurs concernés. C’est-à-dire que ça ne doit pas être seulement un regard policier sur l’affaire", a déclaré à l’Associated Press le secrétaire général du SGEN-CFDT Thierry Cadart.

"Il faut que les différents acteurs concernés soient partie prenante : enseignants, parents, administration, associations qui interviennent autour de l’école", a-t-il ajouté.

Pour lui, il faudrait "relancer" une politique de la ville "comme celle des ZEP (zone d’éducation prioritaire) dans les années 80", mais depuis en "déshérence".

"Ça n’a pas le mérite de donner une réponse médiatique immédiate, mais ça avait porté ses fruits sur le long terme lorsqu’elle a été mise en oeuvre", selon M. Cadart.

Le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) Gérard Aschieri, a dénoncé de son côté un "mélange des genres" qui lui paraît "très néfaste", dans la composition des équipes mobiles d’intervention.

Et pour lui, "tout ça ne traite pas le fond du problème. Il faut du personnel éducatif dans les établissements, du travail en équipe fondamentalement". Et de préciser : "Qu’il y ait des relations entre justice, police et personnels de l’éducation, très bien, mais pas de mélange des genres". AP

mis en ligne le mercredi 23 septembre 2009
par ML



  
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