Réforme du lycée : 123 établissements prennent les devants

Réforme du lycée : 123 établissements prennent les devants

La démarche est menée en toute discrétion. Depuis la rentrée scolaire, quelque 123 lycées expérimentent le projet de réforme du lycée de l’ancien ministre de l’Education nationale Xavier Darcos, qui avait pourtant été enterré à l’automne 2008 devant la fronde enseignante et lycéenne. Ceci alors même que l’actuel ministre Luc Chatel doit annoncer, d’ici à la fin du mois de septembre, sa propre réforme, qui sera appliquée dès la rentrée 2010. « Certains établissements étaient déçus de cette remise à plat. Nous avons voulu leur laisser la possibilité de développer leurs projets »,explique-t-on au ministère. Pour mener à bien leurs projets, les lycées sélectionnés - 250 avaient postulé - se sont vu attribuer une dotation globale de 500 équivalents temps-plein.

Semestrialisation, réaménagement des options, mise en place d’accompagnement individualisé... Autant de mesures qui sont actuellement testées sur le terrain. Tandis que le lycée Louis Liard de Falaise (Calvados) a mis en place un système de tutorat hebdomadaire à destination des élèves en risque de décrochage, le lycée Condorcet de Saint-Quentin propose trois heures d’enseignement supplémentaire en français et en mathématiques aux élèves qui le souhaitent. « Il faut arrêter de penser que tous les élèves ont les mêmes besoins. Nous essayons d’individualiser davantage l’enseignement », souligne Philippe Koszyk, le proviseur. Possible réorientation

Autre grand chantier, l’orientation, régulièrement pointée comme la principale faiblesse du lycée actuel. Au sein du lycée Condorcet, les enseignements de détermination - ou options - traditionnellement proposés en seconde pour préparer la future spécialisation (ES, S, L) du lycéen, ont été supprimés. « Leur défaut, c’est qu’ils ne permettent pas à l’élève de se tromper. S’il s’aperçoit, en fin d’année, qu’il n’a pas fait le bon choix, il est déjà trop tard, puisqu’il n’a pas eu l’occasion de découvrir d’autres matières », insiste Philippe Koszyk. A la place, l’établissement a imaginé des « parcours » (sciences et techniques, économie, littérature, sciences...), que l’élève suit durant tout le premier trimestre. En janvier, il a alors l’obligation, durant une semaine à temps plein, de s’inscrire aux cours de l’ensemble des autres parcours. « Il peut ainsi se frotter à de nouveaux contenus, et se réorienter, s’il le souhaite », explique Philippe Koszyk. Cours en amphithéâtre

Certains établissements se projettent même plus loin, comme le lycée Godefroy de Bouillon, à Clermont-Ferrand. Les élèves qui se destinent à un enseignement en classes préparatoires aux grandes écoles se voient dispenser, dès la classe de première, un enseignement supplémentaire de 30 heures par an, pour préparer leur entrée dans ces filières sélectives. De même, le lycée cherche à mieux préparer ses élèves au monde universitaire, en dispensant certains cours en amphithéâtre.

Des expérimentations qui font tiquer les syndicats. « Il ne faudrait pas que ces projets soient l’occasion pour le ministère de faire passer une réforme en catimini »,avertit Daniel Robin, secrétaire général du Snes-FSU, principal syndicat du second degré, qui raille également la méthode du ministère, lequel « annonce une nouvelle réforme sans même attendre le bilan de ses expérimentations ». Des critiques que balaie la Rue de Grenelle, qui assure que ces « projets n’ont absolument pas vocation à être généralisés ».

mis en ligne le mardi 15 septembre 2009
par ML



  
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