Attention jeux mortels

Attention, jeux mortels !

Jeu du foulard, de la canette, rodéo... ont a envahi les cours de récréation. Les enfants qui se risquent à essayer, peuvent perdre la vie. Comment alerter les plus jeunes et informer ces enfants. Reportage en images. VIDEO


Attention jeux mortels

Le jeu du foulard a envahi les cours de récréation.. Pourtant, les parents ne sont pas informés de ces pratiques dangereuses. Après avoir perdu son fils, Magali Duwelz a décidé de réagir en créant l’association SOS Benjamin. Elle tire la sonnette d’alarme.

Doctissimo : Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ces jeux à risque ?

Jeux dangereuxMagali Duwelz : Le jeu du foulard est un étranglement, soit par un autre enfant, soit seul avec des accessoires. Il s’agit d’une sorte de drogue qui ne coûte pas cher, certains enfants vont rechercher les hallucinations, d’autres un plaisir physique... Quand ils ne sont pas simplement poussés par leurs camarades : "t’es pas cap". Et ils ne se rendent pas compte des dangers qu’ils courent : il suffit que le cerveau reste plus d’une minute sans oxygène pour risquer l’arrêt cardiaque. Le principe évolue encore, et aujourd’hui apparaissent des "sessions", où les jeunes vont pratiquer plusieurs jeux violents : jeu du foulard, autoroute, carte à puce...Il est préférable de ne pas entrer dans le détail de ces pratiques, pour ne pas donner de "mode d’emploi" aux jeunes qui ne les connaissent pas. D’ailleurs, je tiens à souligner les ravages de certaines émissions télé et clips. "Jackass" par exemple donne de très dangereuses idées aux jeunes, tel que de partir en haut d’une cote avec un chariot de supermarché...

Doctissimo : Le jeu du foulard semble être apparu récemment. Est-il très répandu dans les écoles ?

Magali Duwelz : D’abord, il faut savoir que le jeu du foulard existe depuis plus de 50 ans ! J’ai parlé avec des seniors qui pratiquaient ce jeu. Mais il n’atteignait pas le degré de violence qu’il a aujourd’hui. Il est difficile d’évaluer le nombre d’enfants qui le pratiquent. Car il possède plus de 30 dénominations, selon les régions : cosmos, été indien, rêve bleu... Sans compter tous les autres "jeux" à risque qui existent. Depuis 1999, j’ai recensé 75 décès liés a ces conduites chez les jeunes. Mais il y en a certainement beaucoup plus, qui n’ont pas été identifiés comme causés par ces pratiques. Durant certaines périodes, nous avons eu 2 ou 3 morts par mois. A l’association, nous avons déjà reçu plusieurs milliers de témoignages de jeunes qui ont participé ou été témoins de ces jeux.

Doctissimo : Vous soulignez la confusion qui existe avec les conduites suicidaires. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Magali Duwelz : Lorsque j’ai commencé à faire de la prévention face à ces pratiques dangereuses, je me suis rendu compte qu’il existait effectivement un amalgame avec les pratiques suicidaires. Or il ne s’agit absolument pas de tentatives de suicide ! Au contraire, tous les enfants victimes de ces jeux avaient des projets, étaient joyeux... Il n’existait chez eux aucun signe qui peut précéder une tentative de suicide (repli...). Bien sûr, les conduites suicidaires existent chez les jeunes, mais il s’agit d’un autre problème.

Doctissimo : Selon vous, quelles actions pourraient prévenir ce phénomène ?

Magali Duwelz : Au niveau de l’éducation nationale, le minimum serait de réaliser une plaquette d’information à destination des enfants et des parents. Car la plupart ne connaissent pas les dangers de ces jeux. Je pense qu’une formation aux gestes qui sauvent dans les écoles est nécessaire. Et il faut également informer le personnel enseignant : aujourd’hui, un enfant qui dit à son professeur qu’il pratique le jeu du foulard va être puni ! Mais les parents doivent également être les acteurs de la prévention. Seul le père ou la mère peuvent connaître les problèmes rencontrés par l’enfant, et sont à même de découvrir les pressions, les engrenages dans lequel il peut-être pris.

Car un instituteur ou un professeur ne peut pas être derrière chaque élève. D’ailleurs, je souhaite qu’une alternative existe : un délégué dans chaque école, auquel l’enfant pourrait parler, un peu comme une assistante sociale. Cela permettrait de trouver une écoute, s’il ne peut ou ne veut se confier à ses parents.

Doctissimo : Mais comment un parent peut empêcher un pré-ado ou un ado de prendre des risques ? Il est normal de se rebeller et de vouloir tester les limites à cet âge !

Magali Duwelz : Bien sûr. D’ailleurs, nous avons tous pris un risque ou fait quelque chose d’inconscient étant jeune. Mais il est indispensable d’essayer d’encadrer les ados, de maintenir un risque contrôlé. Favoriser l’accès par exemple à des clubs sportifs, à des prix abordables pour les jeunes, permettrait de limiter la prise de risque. Et pourquoi ne pas non plus faciliter leur accès à des sports extrêmes, tel que le saut à l’élastique ? Là encore, la notion de prix est essentielle.

SOURCE

mis en ligne le samedi 13 septembre 2008
par ML



  
BRÈVES

Free counter and web stats