Comment prévenir le jeu du foulard ?

Comment prévenir le jeu du foulard ?

Jeu d’évanouissement, le jeu du foulard tue chaque année des jeunes qui n’ont pas mesuré les risques.

L"Apeas, une association de parents victimes de ces jeux, organise les 3 et 4 décembre à Paris, un colloque international sur les politiques de prévention.

Dans Le Monde le Dr C. Rathelot invite les parents à observer les marques sur le corps de l’enfant, les maux de tête, la présence de liens, etc.

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Le Monde Le "jeu du foulard", un problème de santé publique

Le 2 septembre, un Francilien de 10 ans souffrant d’un oedème cérébral a été hospitalisé après s’être pendu avec une corde à son lit-mezzanine, vraisemblablement victime d’une variante du jeu du foulard : une compression de la carotide par un lien ou par une action manuelle, aux conséquences mortelles, pratiquée dans les cours de récréation. Le docteur Christophe Rathelot, pédopsychiatre, praticien au centre hospitalier Edouard-Toulouse de Marseille et membre du comité scientifique de l’Association de parents d’enfants accidentés par strangulation (Apeas), pointe une pratique aussi dangereuse que sous-estimée.

Combien recense-t-on de victimes du jeu du foulard en France ?

Les appels reçus par l’Apeas permettent d’avancer le chiffre d’au moins un décès de mineur par mois en France, ce qui en fait un problème de santé publique. Mais ce n’est qu’une estimation. Pour donner des chiffres précis, il faudra mener une étude prospective ; un projet est en cours. On n’a généralement connaissance que des cas les plus graves : les décès. D’autre part, les chiffres correspondraient probablement à une sous-estimation, car ces pratiques ont longtemps été ignorées. Lorsqu’un médecin était appelé au chevet d’une jeune victime de strangulation, le premier réflexe était de penser à un suicide. C’est aussi une question de formation ; j’ai 39 ans et je n’ai pas entendu parler du jeu du foulard dans ma formation de base.

Quand cette pratique du jeu du foulard a-t-elle débuté ?

On en trouve trace dans la littérature, par exemple dans les écrits de Jean Giono. Mais la France s’est émue du danger qu’elle représente en 2000, à la suite d’un fait divers. La présidente actuelle de l’Apeas a perdu son fils dans un accident lié à ce jeu. En découvrant l’existence d’une telle pratique, elle a alerté les médias. Grâce à son témoignage, d’autres parents ont révélé que leurs enfants avaient tenté, sans y survivre, des expériences similaires.

Quelle population le jeu du foulard touche-t-il ?

Aucun profil particulier ne se dégage. Cette pratique peut concerner tout le monde, aucun milieu n’est protégé. Cependant, on recense la majorité des accidents mortels qu’elle provoque chez des jeunes âgés de 10 à 20 ans.

Ce "jeu" mortel a-t-il valeur de rite initiatique aux yeux des jeunes ?

Oui. Ceux que l’on peut interroger sur la question confient qu’ils ont l’impression de ne pas avoir trop le choix. Ils craignent qu’on les déconsidère, qu’on les traite de trouillards. Du coup, ils se plient à la pratique de la strangulation sans contrainte violente, mais sous une forte pression psychologique. Cela peut également satisfaire un goût d’aller vers l’inconnu compatible avec le sentiment d’invulnérabilité qu’on éprouve à l’adolescence. Le jeu du foulard peut être addictif pour certains, mais les récits de sensations très désagréables sont plus fréquents, et il suffit de s’y faire prendre une fois pour y laisser la vie.

Quelle est la cause du décès ?

On n’étouffe pas, on meurt de défaut d’oxygénation cérébrale. Si on dérègle, à l’aide d’une main ou d’un lien, les contrôles du rythme cardiaque et de la tension artérielle, on provoque un problème cardio-circulatoire. On déclenche un malaise vagal qui peut aboutir à un arrêt cardiaque. Le "rêve indien", un autre "jeu" tout aussi dangereux, produit un tel dérèglement cardio-circulatoire sans impliquer le cou, en associant juste hyperventilation puis blocage de la respiration et compression du sternum.

Comment déceler de telles pratiques chez un enfant ou un adolescent ?

Dès qu’un jeune laisse traîner ostensiblement et régulièrement des liens comme des lacets ou une ceinture, il faut être très vigilant. Il faut surveiller également la présence d’éventuelles traces rouges inexpliquées sur le cou, ou une tendance à s’enfermer accompagnée par des bruits sourds de chute au sol. Il faut également prendre très au sérieux les plaintes concernant de violents maux de tête ou les éclats hémorragiques aux conjonctives des yeux.

Que faire lorsqu’on a détecté ces indices ?

Il faut engager la conversation avec le jeune pour éviter le drame, vérifier si la pratique de jeu du foulard est répandue à l’école ou dans le club de sport ou de loisir qu’il fréquente, et en informer les responsables. C’est une pratique que les jeunes découvrent dans des lieux de socialisation. Elle s’apprend collectivement, mais on constate qu’elle se réitère souvent dans l’intimité du foyer, où le jeune est seul et sans contrôle de la situation, inconscient qu’il court un danger mortel.

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INFO MINISTERE

BROCHURE A IMPRIMER

mis en ligne le dimanche 13 septembre 2009
par ML



  
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