À Paris, le public séduit davantage les lycéens du privé

À Paris, le public séduit davantage les lycéens du privé

Cette hausse des demandes est à la fois liée à la crise et à l’assouplissement de la carte scolaire.

À Paris, cette année, 1 100 élèves scolarisés auparavant dans un collège privé ont demandé une inscription dans un lycée public alors qu’ils n’étaient qu’environ 400 les années précédentes.

Cette hausse des demandes est « sans doute liée à la crise » mais aussi à l’assouplissement de la carte scolaire, estime le recteur de Paris, Patrick Gérard. « Les parents ont compris que le système était plus transparent qu’avant, lorsque les élèves étaient choisis par les proviseurs qui s’attribuaient les dossiers dans les caves du rectorat ou étaient inscrits via un réseau de connaissances », estime-t-il. Une augmentation des demandes émanant du privé pour s’inscrire dans le public serait également sensible à Marseille, dans les Hauts-de-Seine ou encore à Clermont-Ferrand.

De son côté, Éric de Labarre, le directeur de l’enseignement catholique, reste très prudent, faute de chiffres définitifs pour cette rentrée : « J’étais un peu inquiet au mois de juin mais pour l’instant j’ai entendu parler d’effectifs en hausse à Nantes, dans les Yvelines et à Dijon. » L’académie de Strasbourg aurait en revanche souffert d’une petite fuite vers le public, liée à l’assouplissement de la carte scolaire, reconnaît-il. Il se dit plus attentif à une éventuelle baisse des effectifs à l’école primaire, comme l’an dernier. L’enseignement catholique avait alors perdu 5 200 élèves, un phénomène lié à « la situation financière critique d’un certain nombre de familles », freinées non pas par le coût de la scolarité, qui reste stable, mais par l’augmentation des coûts de la restauration et des transports scolaires, affirme-t-il.

Plus de boursiers dans les grands lycées

Les établissements privés sont cependant loin de se vider dans les grandes agglomérations comme Paris, où la concurrence fait rage. Car les familles ne sont pas limitées par la carte scolaire et peuvent venir de loin. « Nous refusons toujours beaucoup de demandes », affirme Éric de Labarre.

Quant aux élèves issus de collèges privés, ils n’ont pas tous réussi à intégrer l’établissement parisien public qu’ils avaient appelé de leurs vœux, d’autant plus qu’ils ne sont pas prioritaires. Sur les 109 lycées parisiens, « tout le monde souhaite aller dans les vingt mêmes », soupire-t-on au rectorat.

Or, l’assouplissement de la carte scolaire a surtout profité aux handicapés et aux boursiers, désormais prioritaires avec les nouveaux critères d’inscription. En seconde, « plusieurs lycées prisés accueillent plus de boursiers qu’ils n’en ont jamais accueillis », a annoncé le recteur, citant des établissements très demandés par les parents comme Sophie-Germain, Racine, Victor-Hugo, Chaptal, Buffon, Montaigne et Henri-IV. Sophie-Germain a 33 % de boursiers en seconde contre 25 % l’an dernier, et Henri-IV 6 %, contre 3 % à la rentrée 2008.

mis en ligne le jeudi 10 septembre 2009
par ML



  
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