Les proviseurs dubitatifs sur les effets de la réforme de la carte scolaire

Le SNPDEN, principal syndicat des proviseurs, craint que l’assouplissement de la carte scolaire n’ait eu pour seul effet que d’accroître les difficultés des établissements les plus défavorisés. Il exige que Luc Chatel rende public le bilan de cette réforme lancée il y a trois ans.

Le Syndicat national des personnels de direction de l’Education nationale, premier syndicat de proviseurs des collèges et lycées, doit être reçu le 15 septembre par le ministre de l’Education nationale Luc Chatel.

"On nous a dit que la suppression permettrait d’augmenter la mixité sociale et scolaire. Nous, l’impression qu’on a avec les remontées du terrain, c’est surtout que les établissements les plus demandés sont pleins à ras bord et les plus sensibles se vident avec un risque de voir les premiers collèges fermés parce que désertés", a déclaré jeudi à l’Associated Press le secrétaire général du SNPDEN Philippe Tournier.

"On assiste à un transfert des populations qui ont les meilleurs résultats", a-t-il assuré. "Il est possible que des élèves issus de quartiers défavorisés accèdent avec ce système à de bons établissements, mais il est en tout cas sûr que les populations les plus favorisés migrent", a-t-il ajouté.

Pour lui, "il y a une déstabilisation du système", et "il n’y a aucune régulation publique de l’affaire, si ce n’est que lorsque les établissements publics les plus demandés sont pleins, on s’arrête".

Face à ce qu’il qualifie d’"absence totale de transparence", le SNPDEN veut "y voir statistiquement clair sur la véritable situation". "Si la situation évolue positivement, pourquoi le ministère ne publie-t-il pas les chiffres ?", s’interroge M. Tournier, "persuadé" que la rue de Grenelle dispose "de données autres que le simple nombre de demandes de dérogation".

"Le ministère dispose d’outils et de services statistiques très performants. Et si ce travail n’est pas fait, c’est qu’on ne veut pas qu’il ait lieu", selon lui.

L’assouplissement de la carte scolaire a été lancé en juin 2007 par Xavier Darcos pour la rentrée suivante, avec une application progressive d’année en année et l’objectif que tous les parents puissent choisir l’établissement de leur enfant en 2010, et pas forcément celui à côté duquel ils habitent.

A la rentrée 2008-2009, le nombre de demandes de dérogation d’élèves voulant s’inscrire dans un autre collège ou lycée que celui à côté duquel ils vivent avait augmenté de 17% par rapport à l’année précédente, selon un bilan du gouvernement, avec un taux de satisfaction de 82%. AP

mis en ligne le jeudi 10 septembre 2009
par ML



  
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