Synthèse de la consultation sur la réforme du lycée dans l’académie de Paris

Synthèse de la consultation sur la réforme du lycée dans l’académie de Paris

Les consultations ont été menées entre le 3 février et le 23 avril 2009 sur http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p1_85901/la-consultation-sur-le-lycee.

Ont été entendus au total : 6 000 élèves de 75 lycées et 200 enseignants et personnels d’établissement, responsables des services d’information et d’orientation, des organisations confessionnelles et des établissements privés mais aussi des universitaires, élus parisiens, partenaires associatifs et économiques.

Quatre thèmes avaient été soumis à leur réflexion, issus des points de convergence de juillet 2008 et des axes de travail de Richard Descoings :
-  l’entrée au lycée ;
-  le lycée cadre de vie ;
-  choisir et construire son orientation au lycée ;
-  se préparer pour l’enseignement supérieur.

Les lycéens et les professionnels de l’enseignement ont formulé des critiques ainsi que cinq propositions de réforme, parmi lesquelles :

"L’ORIENTATION AU LYCÉE

CONSTATS CRITIQUES :

• Les conseils sont donnés par des personnes (conseillers d’orientation-psychologues) qui ne connaissent pas les élèves et qui sont peu disponibles dans les établissements. Les COP savent où trouver les informations sur les filières, dire dans quelles matières « il faut être bon » pour faire S ou L, mais souvent il y a méconnaissance sur l’ensemble des possibilités offertes après l’obtention du bac (filières rares et spécialisées, débouchés professionnels).

• Il existe un manque d’investissement de la part des élèves de 2nde dans le processus d’orientation : problème d’identification des filières et de connaissances des options, mais surtout problème d’immaturité (15 ans pour faire un choix est trop jeune). Les élèves n’ont pas réellement conscience des enjeux liés à leur choix et aux efforts de réflexion et de travail qu’il faut faire en classe de 2nde pour bien choisir.

• Le problème idéologique de la suprématie de la série S au détriment des autres, et notamment de la filière L a été très souvent évoqué. Le choix massif de la filière S s’explique par une volonté de garder en post-bac un large éventail de possibilités de poursuite d’études (la construction du projet d’orientation se trouvant ainsi différée de 2 ans). Le choix de la filière se fait donc la plupart du temps en fonction des résultats en 2nde plus qu’en fonction d’un réel projet réfléchi et abouti.

• Les élèves hésitent à choisir la filière L en fin de 2nde sans connaître le contenu ou les compétences attendues en Philosophie (option lourde, fort coefficient à l’examen).

• Le conseil de classe est ressenti comme un « couperet », surtout au 3ème trimestre. Il n’accorde pas assez de confiance ou de poids à la parole et au projet personnel de l’élève.

• Les filières professionnelles ne sont que rarement choisies, alors que bon nombre d’adolescents se retrouvent en 2nde générale avec un niveau limite voire non adapté.

PROPOSITIONS :

• Renforcer la mission de service public que constitue le CIO. Développer des équipes professionnelles de conseillers d’orientation, aider les conseillers d’orientation à s’adapter aux nouvelles demandes et former les professeurs principaux et les enseignants à l’orientation.

• Créer un conseil d’orientation qui rassemblerait proviseur, proviseur adjoint, CPE, professeurs, élèves, parents et CIO (une demi-journée banalisée par classe). Avoir un référent au sein de l’établissement qui coordonne les activités d’orientation.

• Rendre obligatoire un rendez-vous d’orientation pour tous les élèves au cours de l’année de 2nde, si possible entre le premier et le second trimestre. Cet entretien sur la construction du projet de l’élève peut être mené par le COP ou le Professeur principal, selon que l’élève désire obtenir des renseignements techniques sur les poursuites d’études et les filières, ou qu’il souhaite établir la pertinence de son projet selon ses capacités.

• Instaurer dans l’emploi du temps de 2nde des heures de vie de classe axées sur l’orientation. Heures encadrées de façon transversale par les enseignants, les COP, les CPE, d’anciens élèves devenus étudiants, des enseignants d’universités...).

• Permettre un « droit à l’erreur » en début de 2nde dans le choix des options (organiser un mois « test » avant changement éventuel d’option par exemple, ou période de découverte des différentes options en septembre, permettant aux élèves de faire un choix en connaissance de cause à l’issue de cette période).

• Instaurer des passerelles plus souples entre les filières au début de la classe de 1ère, et réinstaurer la 1ère d’adaptation pour les élèves qui passent du professionnel au technologique.

• Apprendre à tous les élèves à réfléchir et proposer une poursuite d’étude en filière L en connaissance de cause par la création d’un cours obligatoire de philosophie dès la classe de 2nde, quelle que soit la filière envisagée à l’issue du cycle.

• Associer étroitement les parents sur l’avenir des enfants, rencontrer les familles pour aider à leur orientation.

LA PRÉPARATION À L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Une angoisse forte des lycéens s’exprime à l’idée de se projeter après le bac dans la sphère universitaire perçue comme une nébuleuse complexe et peu porteuse de réussite.

Face au manque d’articulation entre la filière choisie au lycée et les poursuites d’études post-bac, les lycéens souhaitent voir démarrer l’information et la réflexion sur la construction du projet d’orientation dès la classe de première. Ils suggèrent de mettre en place en terminale des modules de préparation aux études universitaires : découverte du système universitaire, explication du fonctionnement de la faculté, décryptage des différents parcours de formation, présentation des filières, des débouchés, des conditions d’obtention des diplômes, conseils méthodologiques (organisation de son travail personnel, lectures et recherches...). Des professeurs de l’enseignement supérieur ou des étudiants pourraient également intervenir dans les classes de lycée dès la première pour présenter les spécialités, filières, diplômes et débouchés.

La majorité des lycéens aimeraient que soit offerte aux élèves volontaires la possibilité de faire un stage en entreprise, association, ou fonction publique dès la classe de première. Il est nécessaire à leurs yeux d’améliorer le dialogue entre le système éducatif et les entreprises : que ces dernières expliquent ce qu’elles attendent et que l’Éducation nationale ait une idée claire de ce que les entreprises souhaitent et peuvent proposer."

Pièce jointe : Consultation réforme du lycée Paris.pdf (147k)

mis en ligne le dimanche 10 mai 2009
par ML



  
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