Jardins d’éveil : Darcos sous pression

Jardins d’éveil : Darcos sous pression

"Nous ne cautionnerons pas l’expérimentation des jardins d’éveil et nous serons amenés à dénoncer la Déclaration commune" prévient l’Ageem, association d’enseignants en maternelle.

En décembre dernier, à l’issue d’une première crise marquée par les rapports Tabarot et Papon et par des paroles malheureuses du ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos avait sur renouer le dialogue avec les enseignants en concluant un accord avec l’Ageem. Il y a quelques jours cet accord était célébré à travers la co-édition d’une brochure, réalisée par l’Ageem, présentant la maternelle, distribuée à tous les parents.

L’annonce le 5 avril, par Nadine Morano, de la création à titre expérimental de jardins d’éveil, installés dans les écoles maternelles, mais sans personnel enseignant et payés par les parents, remet tout en question.

Interrogée par le Café, Lucile Barberis, présidente de l’Ageem, n’en revient pas. "Je ne comprends pas l’objectif de créer 8 000 places en jardin d’éveil alors qu’il serait facile de réactiver des écoles maternelles qui sont laïques et gratuites". Pour l’Ageem, "les objectifs annoncés posent clairement cette nouvelle structure en concurrence avec les autres structures existantes et particulièrement avec l’Ecole Maternelle. On perçoit aisément, au-delà de la concurrence, une véritable substitution de ces jardins d’éveil à la dernière année de crèche ou à la première année de l’école maternelle, sans aucun souci de l’égalité sociale que le ministre proclame justement par ailleurs. La création de ces nouvelles structures payantes, implantées au gré des choix locaux, serait ainsi préférée au développement des structures existantes, gratuites et implantées dans la grande majorité des communes de France".

Parallèlement les syndicats montent au créneau. Après le Snuipp et le Se-Unsa, c’est le Sgen Cfdt qui, le 8 avril, " demande que des précisions soient apportées rapidement sur l’ensemble de la politique du gouvernement dans ce secteur. Il est notamment essentiel que des assurances soient données quant à la place de l’école maternelle. S’agissant des enfants de 2 à 3 ans, les parents doivent pouvoir faire le choix du mode d’accueil.

C’est particulièrement important pour les catégories sociales les plus défavorisées, d’une part parce que l’école est gratuite, d’autre part parce que la scolarisation précoce est un moyen important de réduction de l’échec scolaire des enfants victimes d’inégalités sociales et culturelles". Voilà Xavier Darcos ramené, grâce à Mme Morano, aux débats de l’hiver dernier. On attend sa réaction.

mis en ligne le jeudi 9 avril 2009
par ML



  
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