Darcos révèle sa réforme de la seconde

Darcos révèle sa réforme de la seconde Propos recueillis par Adeline FLEURY Le Journal du Dimanche

Tout au long de la semaine, la fronde contre le projet de réforme des lycées de Xavier Darcos n’a pas faibli. Vendredi, plus d’une centaine d’établissements étaient toujours bloqués, surtout dans l’Ouest.

C’est dans ce contexte de tensions que le ministre de l’Education nationale présente mardi la première étape de sa réforme, qui concernera la classe de seconde. En exclusivité pour le JDD, Xavier Darcos en dévoile les grandes lignes.

A quoi ressemblera la nouvelle classe de seconde, qui sera mise en place en septembre 2009 ?

Elle comprendra un tronc commun avec le français, les maths, l’histoire, deux langues vivantes et les sciences économiques. Jusqu’à présent, celles-ci n’étaient qu’une option. La situation actuelle a montré combien la compréhension des mécanismes économiques était importante. Le tronc commun sera enrichi par cet enseignement à raison d’une heure et demie par semaine. Les SES seront aussi proposées parmi les modules d’approfondissement (humanités, sciences, sciences de la société, technologies) qui complèteront le tronc commun à hauteur de six heures hebdomadaires.

Enfin, chaque élève bénéficiera de trois heures d’accompagnement personnalisé par semaine pour réussir sa seconde.

Combien d’heures par semaine au total ?

La nouvelle seconde représentera 31h30 hebdomadaires, ce qui est comparable à la moyenne actuelle. L’année scolaire sera divisée en deux semestres, avec une semaine de bilan qui permettra de préparer son orientation. Le but étant de limiter le nombre de redoublements et de mieux préparer les élèves à l’université en les rendant plus autonomes.

Aujourd’hui, 15% d’élèves de seconde redoublent, et, entre la 4e et la classe de 1ère , 150 000 élèves quittent le système scolaire en situation d’échec.

Il est temps d’agir ! Notre système présente une déperdition d’énergie considérable, alors qu’il dispense le plus grand nombre d’heures de cours au monde. Le système français est très lourd, généreux certes, mais pas assez efficace.

Vous avez qualifié le mouvement lycéen de "petite concentration de mécontentements". Ne sous-estimez-vous cette mobilisation ?

Il ne s’agit pas à proprement parler d’un mouvement lycéen. Au printemps dernier, ils étaient 200.000 dans la rue, contre 20 à 30 000 aujourd’hui. Les blocages représentent moins de 10% des lycées. En revanche, un phénomène nouveau m’inquiète : des lycées voient débarquer des jeunes, dont on ne sait pas d’où ils viennent, qui enflamment des poubelles, jettent des caddies sur les grilles, et qui s’en prennent aux personnes. Ces perturbateurs ne savent pas contre quoi ils manifestent, ils parlent de la "loi Darcos" alors qu’il n’existe pas de "loi Darcos". C’est un mouvement sans mot d’ordre.

Des enseignants appellent à la désobéissance pédagogique, que pensez-vous de ces nouveaux modes d’opposition ?

C’est un épiphénomène par rapport aux 380.000 professeurs du premier degré. Appeler "résistance pédagogique" le fait de refuser d’appliquer les deux heures de soutien me semble un peu fort. Les syndicats ont compris que la grève n’est plus un moyen utile, ils cherchent à établir d’autres formes d’action sur l’opinion. Mais la plupart de ces mouvements n’ont pour but que la désinformation, comme ces pétitions répétées pour appeler à la non suppression de la maternelle dont je ne cesse de dire qu’elle n’est en aucun cas remise en cause.

Une pétition de plus de 200 000 signatures vous a été remise pour défendre les Rased (réseaux d’aides spécialisés). Maintenez-vous la suppression de 3000 postes en 2009 ?

Je ne remets pas en cause le dispositif de Rased en soi, je le fais évoluer pour qu’il intègre l’ensemble du dispositif de traitement de la difficulté scolaire mis en oeuvre depuis cette rentrée avec les 2 heures de soutien par semaine. Le rôle des 8 000 Rased qui vont rester va évoluer pour qu’ils puissent intervenir là où c’est le plus approprié. Dans les zones rurales, où on a le plus besoin d’itinérants ou en Zone d’éducation prioritaire où on a le plus besoin d’une approche psychologique de la difficulté scolaire.

Je compte aller plus loin en lançant un "plan national de formation des enseignants au traitement de la difficulté scolaire". Sur les cinq prochaines années, 40 000 enseignants pourront suivre une formation continue spécifique pour mieux répondre à la difficulté scolaire.

De sorte que notre objectif de réduire par trois le nombre d’élèves sortant de l’école primaire sans maîtriser les savoirs fondamentaux soit atteint à la fin du quinquennat. http://www.lejdd.fr/

mis en ligne le dimanche 14 décembre 2008
par ML



  
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