Les enfants pauvres... le resteront

Les enfants pauvres... le resteront

Alice Davaillon et Emmanuelle Nauze-Fichet publient, dans le n°70 d’Education et formations, les résultats d’une enquête sur le devenir scolaire des enfants "pauvres".

Elle établit l’assez forte différenciation sociale dans l’école française : 6 ans après l’entrée en 6ème, un enfant pauvre sur quatre a déjà quitté l’école (contre un sur dix pour l’ensemble des jeunes) ; un sur trois est dans le second cycle général et technologique (soit deux fois moins qu’en moyenne). Comment l’expliquer ? L’étude met l’accent sur le caractère déterminant des premières années d’école : "les inégalités de trajectoires apparaissent très largement jouées avant le collège". Et là ils ont beau redoubler davantage que la moyenne cela n’améliore pas le résultat. C’est aussi que d’autres déterminants entrent en jeu. "A niveau scolaire donné, il semble que les vœux soient moins ambitieux pour les familles des groupes à priori les moins favorisés". Les conseils de classe ne redressent pas ces vœux des familles. Ajoutons que les familles pauvres se tiennent davantage à l’écart de l’école et qu’elles peuvent moins soutenir leurs enfants. On voit mal comment le redoublement systématique, la responsabilisation des familles, les bourses au mérite, les heures de soutien au compte-gouttes, proposés par la loi Fillon, pourraient inverser cette tendance.

Article d’Education et formations (en pdf)

mis en ligne le jeudi 17 mars 2005
par ML



  
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