Maternelle : un rapport critique l’école à deux ans

Maternelle : un rapport critique l’école à deux ans

Jugeant la scolarisation des enfants de deux ans peu efficace et hétérogène, un groupe de travail du Sénat préconise d’ouvrir des jardins d’enfants.

Le 3 juillet dernier, le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos avait suscité une polémique en s’attaquant au sujet sensible de la scolarisation précoce à l’école maternelle. « Est-ce qu’il est vraiment logique que nous fassions passer des concours Bac + 5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants et de leur changer les couches ? » avait affirmé, devant le Sénat, le ministre de l’Education nationale suscitant la polémique. Quatre mois plus tard, les élus du Palais du Luxembourg s’emparent, eux aussi, du délicat débat de la scolarisation à deux ans. Et leur propos n’est guère plus louangeur.

Un jardin d’éveil

Dans un rapport publié hier, les sénateurs UMP Monique Papon et Pierre Martin dressent un bilan critique de ce processus, facultatif en France, mais presque inexistant ailleurs en Europe. Relevant de « fortes disparités territoriales », les parlementaires estiment que cette scolarisation précoce « ne correspond pas à une action ciblée en faveur des milieux défavorisés », alors que c’était là son objectif initial. « Sa mise en oeuvre a été essentiellement sensible aux variations démographiques locales », regrettent-ils. Ainsi le Nord, où le nombre d’élèves a diminué, libérant des places en maternelle, se fait-il le champion du dispositif (53 %), alors que l’Alsace (7,8 %) et l’Ile-de-France (5,8 %) restent à la traîne.

Au-delà de ses conditions de mise en oeuvre, c’est la pertinence du dispositif, imaginé par le PS en 1989, dont les parlementaires paraissent douter : « l’école offre un cadre peu adapté aux enfants de deux ans » qui ont « leurs propres rythmes physiologiques » affirment-ils, et « les effets positifs » d’un tel dispositif (en termes de scolarité, de socialisation) « s’estompent au cours de la scolarité élémentaire et à l’entrée en sixième ». La conclusion est sans appel : « l’école n’a pas vocation à accueillir les enfants de deux ans et ne doit pas pallier un manque de structures ».

Le propos fait écho à celui de Xavier Darcos, qui avait laissé entendre que « si nous scolarisons si tôt des petits enfants à deux ans ce n’est pas pour des raisons scolaires. C’est parce que ça arrange les communes, les maires, parce que ça empêche de fermer des classes. » Le ministre avait souhaité que la nation « se pose la question de la petite enfance ».

Les parlementaires ont apporté une première contribution au débat en suggérant la création d’une structure d’accueil spécifique, le jardin d’éveil, plus proche de la garderie que de l’école. LAURENCE ALBERT

LIRE LE RAPPORT

mis en ligne le mardi 4 novembre 2008
par ML



  
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