La souplesse du système finlandais inspire Darcos

La souplesse du système finlandais inspire Darcos

Marie-Estelle Pech

En Finlande, à partir de la seconde, la notion de classe telle qu’on la connaît chez nous n’existe plus. Les élèves composent leur programme dans un menu à la carte.

Désigné comme exemplaire en raison de ses bons résultats dans les comparaisons internationales, le système scolaire finlandais constitue l’une des sources d’inspiration de Xavier Darcos pour sa réforme. L’enseignement « à la carte » du lycée finlandais est l’un des principaux points qui a suscité son attention. Si au collège le cadre de la classe traditionnelle à la française est maintenu, en revanche, à partir du lycée, les élèves peuvent composer entièrement leur programme. En trois ans de lycée, ils doivent suivre 75 cours de vingt-sept heures. Chaque enseignement s’étale sur sept semaines d’affilée : 45 sont obligatoires et constituent un tronc commun (finlandais, deuxième langue, mathématiques, physique, biologie, géographie, histoire, sport), les autres sont totalement optionnels.

Avancer selon ses capacités

La classe n’existe plus. Lorsqu’un cours atteint un certain effectif, l’inscription est close et l’élève doit, soit s’inscrire dans le même cours mais avec un autre professeur, soit patienter jusqu’à la prochaine session. « Il semble que les élèves se soient bien adaptés à ce système », selon Paul Robert, principal de collège et auteur d’une enquête sur le sujet (1). « L’avantage est qu’ils peuvent penser leur cursus, en fonction de leurs aptitudes et leur projet de poursuite d’études ». Il permet aussi d’avancer de façon modulée selon ses capacités dans les différentes disciplines, tout redoublement étant exclu.

L’autonomie très large dont bénéficient les élèves constitue selon lui « une excellente préparation aux études supérieures » et permet d’éviter l’énorme contraste entre le lycée et l’université qui, en France, est l’une des principales causes d’échec pour les étudiants de première année. Contrecoup de cette grande liberté : les élèves finlandais pas très organisés, paresseux ou mal conseillés « peuvent se sentir perdus dans un tel système », reconnaît Paul Robert. Selon deux enquêtes finlandaises, 25 % des élèves disent avoir du mal avec leur système d’études et se plaignent de ne pas avoir assez de conseils. Pour mieux les encadrer, le pays a embauché des conseillers d’orientation. Mais un conseiller pour 500 élèves, « ce n’est pas assez vu la complexité du système », estime-t-il.

mis en ligne le lundi 6 octobre 2008
par ML



  
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