Semaine de l’Europe à l’École : 20 au 24 octobre 2008

BULLETIN OFFICIEL

Au second semestre 2008, au cours duquel la France exerce la Présidence du conseil de l’Union européenne, la commémoration du souvenir de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés (22 octobre) coïncide avec la Semaine de l’Europe à l’École du 20 au 24 octobre B.O. n° 7 du 14 février 2008.

La célébration d’une Europe unie, fondée sur la démocratie et le respect des droits de l’Homme, est l’occasion de rappeler aux élèves des lycées la mémoire des jeunes Européens qui combattirent l’Allemagne nazie et les régimes fascistes dans l’Europe de la Seconde Guerre mondiale. Souvent au prix de leur vie, ils firent le choix de la résistance, dans leur pays ou au sein des forces alliées. Dans la diversité de leurs motivations et de leurs convictions, de leurs cultures politiques et des contextes nationaux, ils sont, par leur engagement et leur courage, un exemple pour les jeunes Européens d’aujourd’hui. Certains d’entre eux sont morts en rêvant à une Europe unie, tel Charles Boizard, jeune résistant français de 21 ans, qui écrivit dans une dernière lettre à ses parents avant son exécution : "C’est une France jeune et forte qui sortira de la lutte, et peut-être cette guerre verra enfin l’union des peuples européens se réaliser. C’était mon rêve le plus cher. Je ne le verrai pas, mais j’espère que d’autres le verront" (1).

La mémoire de la Seconde Guerre mondiale participe à la formation de futurs citoyens européens responsables, pleinement conscients de partager une histoire commune. C’est pourquoi je demande aux proviseurs, dans le cadre de l’organisation de la Semaine de l’Europe à l’École, de rappeler aux équipes éducatives qu’il convient d’honorer le souvenir de Guy Môquet, de ses 26 compagnons fusillés pour valoriser tous les jeunes Européens qui s’engagèrent dans la Résistance.

Cette action éducative s’appuiera notamment sur la lecture en classe ou en plus grand groupe, de la dernière lettre de Guy Môquet à sa famille, ainsi que sur d’autres lettres de jeunes condamnés à mort mais aussi des textes ou des extraits d’œuvres littéraires de différents pays témoignant de l’engagement de la jeunesse pendant les années noires de l’Europe (2).

Ces lectures pourront être confiées à des personnalités disponibles pour témoigner directement des sacrifices consentis, ou dont le rayonnement ou la notoriété pourraient sensibiliser les élèves aux valeurs de l’engagement. Afin d’établir ce lien tangible entre les générations, j’invite les équipes éducatives à se rapprocher des fondations et des associations de mémoire.

Tout en veillant à bien replacer chacun de ces textes dans le contexte historique qui lui est propre, ces lectures seront l’occasion de faire réfléchir les élèves sur le sens de l’engagement et sur les valeurs communes qui fondent l’Europe d’aujourd’hui.

Les enseignants d’histoire, de lettres, de langues vivantes et de philosophie sont en particulier invités à exploiter les thèmes liés à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale dans les programmes d’enseignement.

Ce travail pédagogique, au cours de la Semaine de l’Europe à l’École, sera également l’occasion de mobiliser les équipes éducatives sur la préparation de l’édition 2009 du Concours national de la Résistance et de la déportation : "Les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire nazi", B.O. n° 19 du 8 mai 2008.

Enfin, les établissements pourront mettre en place d’autres initiatives à leur convenance (jumelages avec des établissements culturels - musées d’histoire et mémoriaux, jumelages avec des établissements scolaires européens, expositions, productions de documents, etc.).

Afin d’aider à la mise en œuvre de ces projets, la direction générale de l’enseignement scolaire met en ligne, en partenariat avec l’association Civisme et Démocratie (CIDEM), des ressources pédagogiques dédiées http://itinerairesdecitoyennete.org/journees/22_oct/. Les équipes éducatives sont aussi invitées à consulter les pages du site "Pour mémoire" du CNDP consacrées à Guy Môquet et à la Résistance http://www.sceren.fr/memoire/.

Je remercie d’avance l’ensemble des équipes éducatives de s’associer à cette action et je demande aux corps d’inspection territoriale d’accompagner sa mise en œuvre.

Pour le ministre de l’Éducation nationale et par délégation, le directeur général de l’enseignement scolaire Jean-Louis Nembrini

(1) Extrait de la lettre de Charles Boizard à sa famille, Lettres choisies et présentées par Guy Krivopissko (2003), "La vie à en mourir. Lettres de Fusillés (1941-1944)", Éditions Tallandier, Paris, pp. 314-316. Né à Fumel (Lot-et-Garonne) en 1922, Charles Boizard rejoint en 1943 le maquis dans l’Armée secrète puis les FTP. Il est condamné à mort le 18 avril 1944 et fusillé le lendemain. (2) Une liste indicative de lettres est jointe en annexe.

mis en ligne le jeudi 4 septembre 2008
par ML



  
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