Réforme du secondaire : vers un lycée à l’anglo-saxonne

Réforme du secondaire : vers un lycée à l’anglo-saxonne

Organisation de la scolarité en semestres, modularité des programmes, autonomie des établissements... Le « nouveau lycée » esquissé hier par Xavier Darcos opère un net rapprochement avec les standards internationaux.

Pas de révélations mais une confirmation lors du « point de situation » organisé hier au ministère de l’Education nationale : la réforme du lycée, chère à Xavier Darcos, se fera sous le signe d’un infléchissement vers les modèles étrangers, nordiques et anglo-saxons.

En annonçant la « modularisation » et la « semestrialisation » des enseignements de seconde et, probablement, du cycle terminal, le ministre de l’Education nationale entend sonner le glas d’un système français reposant sur l’extrême hiérarchisation des filières et le cloisonnement des parcours. « Il est capital d’apporter davantage de souplesse et d’autonomie aux élèves », a expliqué le ministre. En clair, l’élève, parallèlement à un bloc fondamental, aura le choix entre plusieurs modules répartis sur l’année en deux périodes partiellement indépendantes. Un nouveau séquençage qui dégage plus de flexibilité tout en se rapprochant des rythmes universitaires. « Il faut en finir avec le modèle napoléonien du lycée d’aujourd’hui », a résumé Jean-Paul de Gaudemar, recteur d’Aix-Marseille et chargé de mission sur la réforme en cours.

Au programme de ce « lycée du XXIe siècle », une scolarité de seconde structurée autour de trois blocs : les enseignements généraux (60 %), les modules d’« exploration » ou de « spécialisation » complémentaires (25 %) et les activités d’encadrement (15 %). Pour ne pas tomber dans le piège du « zapping pédagogique », le ministère entend limiter le « nouvel espace de liberté donné aux élèves » au choix de trois ou quatre modules par an, chacun représentant une cinquantaine d’heures de cours. Au nom de la « faisabilité » de sa réforme, Xavier Darcos entend également octroyer davantage d’autonomie aux établissements qui pourront décider des modules proposés. Autant de « partis pris pédagogiques » qui devront s’accompagner de « transformations architecturales » à négocier avec les régions ; Xavier Darcos souhaitant « dans l’idéal » voir chaque enseignant disposer d’un bureau pour recevoir les élèves, à l’instar des lycées américains. Allègement des horaires

Cette modularité devrait logiquement conduire à un allégement des horaires : « Il n’y a que chez nous que l’on croit former de bons lycéens en imposant une cohorte de cours et des programmes hystériques », a ironisé le ministre, rappelant que les « pays du Nord » obtenaient de meilleurs résultats avec des emplois du temps moins chargés. Tenu par sa promesse d’« épargner » le secondaire de l’effort budgétaire imposé à l’Education nationale, Xavier Darcos a réitéré son engagement de « protéger le lycée ». Il a cependant reconnu des « conséquences sur l’organisation du temps de service des enseignants ». De quoi redouter que les « convergences » sur les objectifs de la réforme pour le moment affichées avec les organisations syndicales et étudiantes ne soient que de courte durée.

ANNE-LAURE BUFFA

mis en ligne le vendredi 18 juillet 2008
par ML



  
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