Xavier Darcos précise l’organisation du futur lycée "modulaire"

Officiellement, ce ne sera pas "le lycée à la carte". Mais cela commence à y ressembler. Jeudi 17 juillet, Xavier Darcos, le ministre de l’éducation, a précisé la nouvelle organisation du lycée "modulaire" qu’il veut mettre en place à partir de 2009. La réforme devrait aboutir en 2012.

M. Darcos s’appuie sur le document d’étape qui lui a été remis après plusieurs semaines de consultations par le recteur d’Aix-Marseille, Jean-Paul de Gaudemar, "chef de projet" de la réforme.

L’objectif affiché par ces "premiers principes pour la réforme du lycée" est de "donner à notre pays le lycée adapté à ses ambitions majeures" : limiter les sorties sans qualification, amener effectivement 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat, mieux préparer l’enseignement supérieur.

En ouvrant le dossier, début juin, le ministre avait promis que le lycée deviendrait "le lieu d’une réelle liberté de choix des lycéens".

LES FILIÈRES CONSERVÉES

"La classe de seconde, qui devrait avoir une fonction de détermination, ne joue plus son rôle", a relevé le ministre. M. Darcos propose de lui faire "retrouver son rôle de carrefour" offrant "un choix réel".

En classes de première et de terminale, le principe des filières (générales et technologiques) est conservé, mais sous la forme moins rigide, moins étanche, de "dominantes".

L’idée est de sortir des "tuyaux d’orgue" des séries du bac, en mettant en place "des parcours guidés laissant place à une certaine autonomie de l’élève, clairement colorés pour préparer de manière pertinente à des études supérieures, mais plus ouverts, davantage polyvalents et donc moins exposés à des hiérarchisations implicites, mieux susceptibles de répondre à la diversité des élèves et de leurs aspirations".

DES ENSEIGNEMENTS "GÉNÉRAUX", "COMPLÉMENTAIRES" ET "DE SOUTIEN"

M. Darcos veut sortir de "la juxtaposition des cours". L’idée est de mettre en place "trois blocs principaux". D’abord, des enseignements généraux, avec des cours tels que les élèves les ont connus au collège. Ensuite, des enseignements complémentaires pour découvrir de nouveaux domaines ou approfondir les fondamentaux en classe de seconde, et se spécialiser ensuite. Enfin, un accompagnement de tous les élèves afin d’assurer une meilleure individualisation et une plus grande réussite.

Pour préparer le passage dans le supérieur, le ministère propose de baisser progressivement la part des "enseignements généraux" et celle de l’accompagnement au cours de la scolarité au lycée. Les premiers passeraient de 60 % du temps scolaire de l’élève en seconde, à 45 % à partir de la première. Les seconds passeraient de 15 % à 10 %. Les enseignements complémentaires, eux, passeraient de 25 % à 45 % du temps.

"Il n’y aura pas moins d’heures, globalement, même si le temps disciplinaire au sens étroit devrait se réduire un peu", a expliqué M. Darcos. Le ministre assure que la réforme ne se traduira pas par des suppressions de postes d’enseignant. L’ANNÉE ORGANISÉE EN MODULES

L’organisation annuelle des enseignements serait remplacée par "une architecture modulaire". L’emploi du temps des élèves serait composé de modules semestriels d’une cinquantaine d’heures, dans l’esprit de ce qui se pratique à l’université. En seconde, à côté des enseignements généraux, "trois ou quatre modules" offriraient ainsi aux élèves "une palette de choix plus importante, avec la possibilité de changer" en cours d’année.

LES PROGRAMMES REVUS

Une concertation est prévue en septembre autour de la "maquette pédagogique" qui découle de ces propositions de réforme. Avant que le ministre ne tranche sur l’ensemble, fin octobre. Les programmes devront ensuite être revus. M. Darcos assure qu’"il n’y a pas de réflexion" sur le bac, même si la réforme "aura des conséquences" sur l’examen, reconnaît Jean-Paul de Gaudemar. LES LYCÉES PLUS AUTONOMES

Le nouveau lycée suppose, dans l’esprit du ministre, "des établissements plus autonomes" et "une marge de manœuvre importante pour le chef d’établissement en matière d’organisation pédagogique". Dans l’entourage de M. Darcos, on souligne également que "la manière d’organiser les enseignements aura un impact sur la manière d’enseigner".

La réforme pourrait être, pour le ministère, l’occasion de revenir sur les thèmes du rapport commandé en 2007 au conseiller d’Etat Marcel Pochard sur le métier d’enseignant. Celui-ci proposait notamment de mesurer la performance des établissements. Très mal accueilli, le rapport a depuis été mis sous le boisseau.

Benoit Floc’h

mis en ligne le vendredi 18 juillet 2008
par ML



  
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