Une étude de l’Inserm et d’Ipsos se penche sur « le jeune ».

Les ados vont-ils bien ?

Selon une enquête Ipsos pour l’Inserm, 96% des jeunes ont des amis, 78% se sentent bien à l’école. Mais un sur deux est "sous pression". Des chiffres qui sont en contradiction avec d’autres enquêtes.


Une étude de l’Inserm et d’Ipsos se penche sur « le jeune ». Des ados heureux de vivre

Prenez 800 ados de 15 à 18 ans, ajoutez 600 profs, et 200 infirmières scolaires ; secouez les neurones d’Ipsos santé (1) et de l’Inserm et vous obtenez une jolie photo de classe des jeunes d’aujourd’hui. Différente de ceux qui pestent sur l’air de « merci 68 » : « Ah ! Elle est belle la jeunesse », « tout juste bonne à manifester », et « ça vous respecte rien ». Stop. L’étude présentée aujourd’hui au 4e forum Adolescences (où ces mignons ont d’ailleurs quelques revendications à faire valoir, lire ci-dessous), sent le printemps.

La preuve par les chiffres : 96 % des jeunes disent avoir beaucoup d’amis ; 79 % disent pouvoir parler facilement avec leurs parents (à condition que les parents ne les poussent pas dans les retranchements de leur intimité, ça le jeune déteste) ; 78 % se sentent bien à l’école, et c’est sans doute pour cela qu’ils ne veulent pas qu’on touche à leur bahut et descendent dans la rue. Au final : 71 % se disent « satisfaits de ce qui leur arrive ». Bref, ceux qui disent que ça va de mal en pis peuvent se rhabiller. Car depuis quatre ans que Laïla Idtaleb, directrice des études d’Ipsos santé, les sonde sur les mêmes items, on observe une grande stabilité.

Bien-être. Evidemment, tout n’est pas si rose. Et 42 % se sentent sous pression, réussite scolaire oblige. Et il y en a quand même 17 % qui disent avoir des difficultés à aller vers les autres ; 18 % qui confessent se sentir mal dans leur peau. Encore trop ? Bien sûr. Même si « au final, lorsque l’on mélange tous les indicateurs, cela fait 5 % d’ados qui ne vont pas très fort », selon Laïla Idtaleb.

Passé ce constat général de bien-être (modulé par des profs et des infirmières qui sont, eux, moins optimistes sur la qualité du dialogue parents enfants), qu’ont-ils dans le crâne ? Autorité, santé, solidarité : ces trois thèmes les préoccupent.

D’abord, l’autorité. Revendication du jeune : avoir des cadres (pour mieux les rejeter ?). 70 % des ados disent respecter l’autorité de leurs parents (donc 30 % non) ; 52 % affirment respecter celles des profs (mais que fait l’autre moitié, nom d’un non ?) ; 48 % enfin respectent l’autorité des policiers et des gendarmes. Et seulement 24 % celles des hommes politiques.

Dans le fond, ils recherchent « une autorité bienveillante et équitable ». Idyllique ? Là encore, profs et infirmières scolaires mettent un bémol et pensent, en majorité, que les parents n’exercent pas assez leur autorité. Tout le monde se retrouve en revanche, sur le sujet du vouvoiement à l’école : en gros, tout le monde s’en fout ! Et toc.

Solidaires. La santé, maintenant : là se dessinent de vrais petits anges, qui savent que le plus grand risque pour leur santé est la prise de drogue, suivi des rapports sexuels non protégés, et enfin boire régulièrement de l’alcool. On rappelle qu’il s’agit d’un sondage, pas d’une enquête de comportement.

Enfin la solidarité. Eh bien, non, ils ne pensent pas qu’à leur gueule : pour la majorité d’entre eux être solidaires, c’est aider les personnes en difficulté au quotidien. Et une majorité d’entre eux s’y disent « sensibles ». Hip, hip ? Juste un détail qui cloche pour finir : le jeune aimerait qu’on lui parle davantage de son moral (plutôt que réussite ?) et là le problème, c’est qu’il dit manquer d’interlocuteur pour en discuter.

(1) En mars, pour la Fondation Wyeth.

mis en ligne le jeudi 22 mai 2008
par ML



  
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