Sarkozy généralise le service minimum d’accueil à l’école

Sarkozy généralise le service minimum d’accueil à l’école

Au soir d’une journée de mobilisation dans l’Education nationale, Nicolas Sarkozy a jeté jeudi un pavé dans la mare en annonçant la généralisation du service minimum d’accueil (SMA) à l’école en cas de grève, via un projet de loi qui sera déposé "avant l’été". Véritable chiffon rouge pour les syndicats d’enseignants, contesté par la gauche, ce texte obligera les professeurs grévistes à se déclarer comme tels 48 heures à l’avance et les communes à organiser l’accueil des enfants, qui sera pris en charge financièrement par l’Etat.

Alors qu’environ 40% des enseignants ont fait grève dans la journée contre les suppressions de postes, selon les chiffres du ministère, Nicolas Sarkozy a annoncé la généralisation du SMA, déjà pratiqué dans quelque 2.800 communes à titre expérimental, lors d’une courte intervention depuis l’Elysée.

"J’ai demandé au gouvernement de déposer avant l’été un projet de loi qui instituera un droit à l’accueil des enfants qui sont inscrits dans nos écoles", a déclaré le président de la République. Ce texte "prévoira qu’en cas de grève, les professeurs grévistes se feront connaître 48 heures à l’avance", et ce "simplement pour que, précisément, l’accueil des enfants puisse être organisé", a-t-il dit. Cette déclaration sera obligatoire, a précisé le chef de l’Etat.

"Le projet prévoira également que les communes devront proposer des solutions d’accueil" dont "la charge financière sera assurée par l’Etat". Quelque 2.800 communes organisaient jeudi un tel accueil, mais sur la base du volontariat, les communes dirigées par des équipes de l’opposition refusant en particulier de mettre en place un tel dispositif.

Le SMA avait été expérimenté la première fois le 24 janvier dernier dans quelque 2.000 communes à l’occasion d’une grève nationale des fonctionnaires.

Ce sera désormais obligatoire. "Cela ne peut pas être fonction du bon vouloir du maire de la commune", a argumenté Nicolas Sarkozy devant quelques journalistes. "Je veux que même en cas de grève les enfants soient accueillis dans les écoles et que les parents qui le souhaitent puissent exercer leur droit légitime au travail", a-t-il insisté.

Six Français sur dix estiment que le service minimum d’accueil dans les écoles primaires est "une bonne chose parce que cela permet de ne pas pénaliser les parents qui travaillent", selon un sondage publié mardi dans "Le Parisien-Aujourd’hui en France". Mais 33% des sondés estiment que "c’est une mauvaise chose car cela constitue une tentative de remise en cause du droit de grève".

L’annonce de Nicolas Sarkozy, dont il a confié avoir pris la décision avec le Premier ministre François Fillon "ce matin", a aussitôt provoqué un tollé parmi les syndicats d’enseignants qui accusent le président de n’apporter aucune "réponse sur le fond", d’adopter une attitude "méprisante" et de vouloir faire "diversion".

A gauche, la condamnation était identique. "Le gouvernement et le président de la République se mobilisent pour créer les conditions d’un nouveau et détestable conflit, ayant pour objectif d’opposer et de diviser un peu plus encore nos concitoyens", a déploré Julien Dray, porte-parole du PS, tandis que le PCF, dénonçant "une provocation hors sujet", estimque que "la volonté de Nicolas Sarkozy de créer un service public de casseurs de grève est inadmissible et révoltante (...) Ce n’est pas en baillonant le mouvement social que Nicolas Sarkozy répondra aux aspirations des françaises et des Français".

"Je respecte le droit de grève", mais "la grève pose des difficultés insurmontables à beaucoup de familles", a plaidé M. Sarkozy. Et "elle pose des problèmes d’égalité, car il y a ceux de nos compatriotes qui peuvent faire garder leurs enfants et ceux qui n’en ont pas les moyens". AP

mis en ligne le jeudi 15 mai 2008
par ML



  
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