Programmes du primaire : le débat continue

Programmes du primaire : le débat continue

"Satisfait", le Sénat. Il exprime sa "satisfaction" après la publication des programmes du primaire. Les sénateurs estiment que "les propositions formulées par la commission des affaires culturelles le 16 avril dernier ont en effet été très largement retenues".

Ils relèvent notamment que " les sept piliers du socle commun de connaissances et de compétences sont désormais pleinement pris en compte ; le rôle de l’expérimentation dans les sciences a été conforté". Il y a quand même un point sur lequel le Sénat est peu entendu, c’est la démarche demandée au ministre vers les maîtres. "Il est sans aucun doute bon que les programmes soient rédigés dans une langue claire et compréhensible par tous. Pour autant, il n’y a à mon sens aucune nécessité à se priver des documents d’accompagnement qui permettent d’expliciter de manière technique et détaillée ces programmes à l’intention des enseignants" écrivait la Commission Valade. "Ces documents pourraient être les supports de toutes les clarifications à destination de la communauté éducative, afin de rassurer les uns et les autres". Si des documents d’accompagnement sont annoncés par le ministre, leur date de publication, leur forme, les moyens de leur diffusion sont encore flous.

Satisfait aussi, bien sûr, le ministre qui a déclaré à l’AFP à Clermont-Ferrand lors du congrès de la Peep : "L’avenir de nos enfants est trop important pour l’abandonner aux idéologues et aux pédagogistes... Ce qui me préoccupe, ce n’est pas ce que les professionnels de l’éducation diront de ces programmes au cours des dix prochains jours, c’est ce que ces programmes permettront à nos enfants de devenir dans 10 ans".

Insatisfaits, les syndicats, les experts et les formateurs. Ainsi le Sgen Cfdt qui demande à X. Darcos "d’abandonner l’idéologie et d’accepter un moratoire". Le syndicat estiume que "ces nouveaux programmes redessinent l’École du passé" malgré quelques "habillages". "L’idéologie qui a présidé à l’élaboration de ces programmes les rend tout à la fois mécanistes dans l’apprentissage et simplistes dans l’acquisition des savoirs. Le ministre le revendique d’ailleurs dans son discours de présentation,en accusant le pédagogisme de tous les maux, en dénigrant les “comités d’experts“, en ignorant l’avis des professionnels de l’Éducation..."

Le Snuipp Fsu invite à une lecture comparée du projet et du nouveau programme. La comparaison est confondante. On observe peu de modifications si ce n’est la suppression des formules les plus rétrogrades. Ainsi en maternelle, disparaît la référence aux "imagiers", l’obligation d’apprendre 10 mots par semaine en petite section ou encore la liste des consonnes à apprendre à ânonner en moyenne section. Disparaît aussi l’affirmation fausse mais révélatrice : "le principe alphabétique régit la transcription des sons en français : une lettre transcrit un son". On ne peut qu’inviter les maîtres à découvrir ces documents.

Toujours sur le site du Snuipp, le mathématicien Roland Charnay analyse en détail les programmes de maths. Il relève que "le volume de connaissances qui ont migré du cycle 3 vers le cycle 2 et du collège vers le cycle 3 reste quasiment aussi important que dans le projet initial" ce qui lui fait craindre un alourdissement des programmes. "Le travail sur la résolution de problèmes est mieux affirmé, mais le volume des connaissances exigées et la précocité de certains apprentissages compliquera sérieusement le travail des enseignants, amènera davantage d’élèves dans une situation de difficulté ou d’échec et ne permettra pas à beaucoup d’autres de parvenir à une maîtrise des notions qui en garantisse une disponibilité suffisante" ajoute-il.

Mécontents également les formateurs. A titre d’exemple, ceux de l’IUFM de Saint-Etienne nous ont fait parvenir leurs remarques. Ils demandent eux aussi un moratoire.

Comparaison Snuipp

mis en ligne le lundi 5 mai 2008
par ML



  
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