Bac : le Sénat propose un examen sur 2 ans

Bac : le Sénat propose un examen sur 2 ans Marie-Estelle Pech 29/02/2008

Un groupe de travail sénatorial réfléchit à une série de propositions pour réformer l’épreuve. Réduction du nombre d’épreuves du bac, étalement de l’examen sur deux ans : telles sont les premières idées d’un groupe de travail sénatorial intitulé « À quoi sert le baccalauréat ? » qui auditionne, depuis la fin du mois de décembre, des spécialistes de l’éducation.

Le sénateur UMP Jacques Legendre (Nord), président de ce groupe, remettra son rapport en mai au moment même où Xavier Darcos, le ministre de l’Éducation nationale, devrait annoncer ses premières pistes de réforme du lycée. Et il espère bien influer sur ces choix. « Nous ne voulons pas arriver après la bataille. J’espère bien que certaines de mes idées seront reprises », explique le sénateur qui se dit par ailleurs « totalement indépendant du gouvernement ».

Son objectif est d’avancer des propositions pour lutter contre l’échec massif des étudiants au cours de leurs premières années dans l’enseignement supérieur, et de présenter un état des lieux du bac qui fête cette année ses deux cents ans. Jacques Legendre se dit convaincu de la nécessité de conserver le caractère national de l’examen. Son groupe de travail étudie notamment la possibilité de passer le bac en deux ans, « alors que l’année de terminale est considérée aujourd’hui comme très lourde ». Le nombre d’épreuves nécessaires pour tester la valeur d’un candidat est également l’un des thèmes de réflexion. « Pour beaucoup de spécialistes, quatre ou cinq devraient suffire », rappelle Jacques Legendre.

Le contrôle continu, « un point délicat »

Une meilleure organisation matérielle du bac est par ailleurs à l’étude. Les huit sénateurs participant au groupe de travail, tous membres de la commission culturelle, ne refusent pas l’idée d’une dose de contrôle continu, « même si c’est un point délicat puisqu’on peut nous reprocher de vouloir un bac maison et non plus un examen national ».

Ils souhaitent enfin « la fin du bidouillage des notes ». Pour eux, il est difficile de dire que les épreuves sont anonymes et de repêcher dans le même temps selon des critères plutôt obscurs. Les consignes d’harmonisation des notes devraient être « rendues publiques car la valeur du bac passe par sa clarté », assure l’un des sénateurs qui souhaiterait par ailleurs que les professeurs d’université s’investissent davantage dans les jurys d’examen, « alors que le bac reste le premier diplôme de l’enseignement supérieur ».

Le groupe de travail entend promouvoir l’introduction de la notion européenne de compétences à acquérir, validées par un système de crédits. Ce qui permettrait, selon les sénateurs, de mieux tester le niveau atteint par un lycéen. Le groupe de travail a déjà auditionné une série de personnalités, comme Jean-Robert Pitte, président de l’université Paris-Sorbonne et auteur d’un pamphlet vigoureux contre le baccalauréat l’année dernière, les directeurs de l’administration centrale, les syndicats, ainsi que des historiens et sociologues de l’éducation. Reste à savoir si le Sénat saura faire entendre sa voix au printemps prochain. « Le gouvernement s’est bien inspiré de mon rapport sur la diversité sociale dans les classes prépas, en imposant que les lycées y envoient 5 % de leurs élèves les plus méritants, observe Jacques Legendre. Il faut savoir être persévérant. »

mis en ligne le samedi 1er mars 2008
par ML



  
BRÈVES

Free counter and web stats